Pourquoi les criminels se filment malgré les risques

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Que ce soient les vidéos de tortures du Blood Family Mafia, des lynchages de mineurs, des exécutions, des mutilations, des suicides en direct, des agressions sexuelles ou du contenu intime, le crime ne se cache plus. Il se filme, se diffuse et se consomme.

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Les réseaux sociaux ont introduit une nouvelle logique d’exister, celle d’être vu.

Dans cet univers, la transgression attire. Elle choque, circule et rapporte en attention, en influence et même en revenus.

Le crime ne vise plus à satisfaire un besoin, à régler un conflit ou à obtenir un gain, il permet de performer, d’impressionner et de provoquer.

Il devient un mode de communication et plus il est visible et se normalise, plus notre tolérance à la violence augmente.

Le crime devient un divertissement, l’objectif étant de capter l’attention plus de trois secondes.

La transgression se banalise, devient plus accessible et incite à la reproduction.

Un peu comme dans un jeu vidéo, rien n’est totalement réel.

Une nouvelle logique

Il faut savoir que dans une société, la majorité des crimes est commise par une minorité d’individus et une grande proportion de ces passages à l’acte s’inscrit dans une logique d’opportunité.

Autrement dit, l’occasion fait le larron.

Le crime fait donc suite à un calcul, même rudimentaire, où les bénéfices perçus (reconnaissance, excitation, argent, drogue, etc.) l’emportent sur les coûts potentiels (arrestations, sanctions, etc.).

Par conséquent, moins il y a de risques d’être arrêté, plus l’occasion devient intéressante.

Alors, comment expliquer que des auteurs de crime se filment ?

À première vue, cela peut sembler irrationnel, puisqu’une vidéo peut devenir une preuve.

Disons que, dans ce monde où la visibilité est devenue une nécessité vitale, se montrer devient un gain, un bénéfice et non plus un coût. Celui-ci est immédiat, visible et valorisé par le groupe, la famille, la communauté virtuelle.

Le risque est alors abstrait, lointain, parfois même négligeable. Se filmer devient une partie intégrante du passage à l’acte.

Cette nouvelle logique du calcul coûts/bénéfices va de pair avec l’érosion de la peur des conséquences.

Quand la peur prend le bord

La nature humaine étant ce qu’elle est, la sanction constitue, dans une bonne partie des cas, un frein au passage à l’acte.

Hormis les crimes impulsifs ou commis par des personnes atteintes de troubles mentaux, la certitude perçue de la peine, bien plus que sa sévérité, joue un rôle d’inhibiteur.

Cependant, les délais judiciaires, les remises en liberté trop rapides, les peines perçues comme incohérentes, la banalisation de certains crimes, etc. font en sorte que la sanction devient moins certaine ou plus facile à assumer.

Certains individus ne perçoivent plus clairement la gravité de leurs gestes, d’autres intègrent l’idée qu’ils pourront s’en tirer, et dans un contexte où la reconnaissance sociale passe par la visibilité, le calcul change.

Le crime spectacle prospère là où la peur de la sanction recule, mais plus encore, là où le bénéfice de se montrer dépasse le coût de se faire prendre.

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