À 62 ans, Alain a tout misé... et tout perdu. Dévoré par la fièvre des jeux en ligne, il a vidé ses REER, rempli ses cartes de crédit et frôlé la perte de sa maison. Criblé de dettes, il revient sur sa descente aux enfers.
Alain se sent honteux de raconter son histoire. « J’ai littéralement été happé par la fièvre du jeu en ligne. Je ne pouvais plus décrocher et tout mon salaire y passait chaque mois », dit-il. N’ayant plus suffisamment d’argent pour payer ses dépenses courantes, il a utilisé ses cartes de crédit (55 000 $) et sa marge de crédit (30 000 $). Pire encore, il a retiré tous ses REER, soit un montant de 75 000 $, pour continuer à nourrir sa dépendance. Un désastre non seulement pour ses finances, puisque la facture d’impôt générée par ce retrait a été très salée, mais également pour sa retraite. Au total, il fait face à un endettement de 147 000 $, incluant son prêt auto.
Seule option : la faillite
Le sexagénaire est propriétaire d’une maison d’une valeur de 295 000 $, pour laquelle il cumule des retards de paiement pour l’hypothèque. Il en va de même pour son prêt auto de 15 000 $. Ses créanciers s’impatientent et il craint de perdre sa propriété et sa voiture.
Pour sortir de cette spirale infernale, Alain a consulté William Morin, conseiller en redressement financier chez Raymond Chabot. Ce dernier a discuté avec lui du processus de faillite et de la proposition de consommateur. « Compte tenu du montant élevé de ses dettes et du niveau de revenus insuffisant, il n’était pas possible de faire une proposition viable aux créanciers. Dans son cas, la faillite était donc la meilleure option », explique-t-il.
Conserver sa maison et sa voiture
Le conseiller a constaté qu’Alain n’a aucune équité sur la maison, dont la valeur est inférieure au solde hypothécaire. « Dans une situation d’insolvabilité, il est possible de conserver sa propriété en se mettant rapidement à jour dans ses paiements et en effectuant par la suite ses versements hypothécaires avec régularité », précise William Morin.
Quant à son véhicule, il vaut moins aujourd’hui que le montant restant encore à rembourser, c’est pourquoi ses créanciers n’avaient aucun intérêt à le récupérer et à le vendre. Là encore, en remboursant rapidement ses mensualités en retard, il a pu garder sa voiture.
Lourd impact pour sa retraite
En faisant faillite, Alain a pu mettre derrière lui la totalité de ses dettes, y compris celles reliées aux impôts qui s’élevaient à elles seules à 50 000 $. En échange, il devra verser un montant pendant une période de 21 mois. Son dossier de crédit sera également lourdement entaché pendant six années supplémentaires après la faillite.
Ses revenus de retraite vont également beaucoup souffrir de ce pénible épisode, puisqu’il a dépensé toute son épargne pour ses vieux jours. « Retirer ses REER avant la retraite est rarement une bonne idée. Mieux vaut aller chercher de l’aide et essayer de trouver d’autres solutions », recommande William Morin.
Depuis quelques mois, le sexagénaire reçoit du soutien pour se débarrasser de sa dépendance au jeu, et peut voir l’avenir avec plus d’optimisme.
SA SITUATION FINANCIÈRE
Actifs :
- Maison : valeur de 295 000 $
- Voiture : financée, valeur de 8000 $
- REER : retrait de 75 000 $ pour jouer au casino
Dettes :
- Cartes de crédit : 55 000 $
- Marge de crédit : 30 000 $
- Impôts en retard : 50 000 $
- Prêt auto : 12 000 $
TOTAL DES DETTES : 147 000 $
Revenus mensuels :
Revenus d’emploi : 4000 $
Dépenses mensuelles
- 3785 $ (incluant hypothèque, taxes foncières, électricité, télécommunications, épicerie, prêt auto, assurances, essence, permis et immatriculation, etc.)
.png)
6 hours ago
9


















Bengali (BD) ·
English (US) ·