Le Canada, une véritable passoire pour les criminels

4 hours ago 7

Des milliers d’accusés sont recherchés par les autorités, et ce, parfois depuis des décennies. Notre Bureau d’enquête expose à quel point il peut être facile pour un fugitif de quitter le pays, en plus de vous présenter les témoignages de proches et de victimes toujours en quête de justice.

Quitter le Canada est un véritable jeu d’enfants pour les criminels qui veulent échapper à la justice, même lorsqu’ils sont visés par un mandat d’arrestation, a appris notre Bureau d’enquête.

Le caïd All Boivin, le pasteur et agresseur sexuel Paul Mukendi, la fraudeuse Fatima El Boukhari : ces criminels ont fui le pays dans les dernières années, même s’ils étaient recherchés par les autorités ou qu’un tribunal leur sommait de rester au Canada.

Comment est-ce-possible ?

« Au Canada, les services frontaliers ne contrôlent pas à la sortie », résume Stéphane Handfield, avocat en droit de l’immigration et nouvellement élu dans la circonscription de Masson, pour le Parti Québécois.

Cela signifie que dans les aéroports canadiens, personne n’est chargé d’identifier les fugitifs qui font l’objet d’un mandat d’arrestation ou les individus à qui l’on interdit de quitter le pays, avant qu’ils montent à bord des avions.

« Aujourd’hui, en 2026, c’est quand même un peu étonnant », estime l’avocat, en entrevue avant qu’il ne se porte officiellement candidat à l’investiture du 5 octobre.

Pour la sécurité en vol

Les imposants dispositifs de sécurité mis en place dans les aéroports canadiens, incluant les caméras à haute résolution, n’ont pour objectif que la sécurité à bord des appareils ou la fluidité des déplacements, confirment nos intervenants.

Ainsi, le seul véritable risque à l’aéroport pour une personne qui souhaite échapper à la justice est... d’être reconnu par un employé ou un voyageur dégourdi.

La norme ailleurs

Pourtant, les systèmes de contrôles à la sortie du pays sont « la norme » ailleurs dans le monde, avance Maxime Langlois, directeur du Programme Bolo, cet organisme qui offre de l’argent pour tenter d’arrêter les criminels les plus recherchés.

Maxime Langlois est le directeur du programme Bolo, une initiative canadienne visant à retrouver les fugitifs les plus dangereux au pays.

Maxime Langlois est le directeur du programme Bolo, une initiative canadienne visant à retrouver les fugitifs les plus dangereux au pays. Photo d'archives, Agence QMI, Maxime Deland

Pour M. Langlois, il est plus facile pour un fugitif de quitter le pays qu’ailleurs.

« Si on sait qu’on est accusé d’un crime majeur, puis qu’on est libéré sous caution et qu’on sait qu’on a commis le crime, peut-être que dans notre calcul, ça vaut plus la peine de se pousser du Canada », mentionne-t-il.

Les données parlent d’elles-mêmes. Selon les plus récentes statistiques de Bolo, 35 % des arrestations des fugitifs les plus recherchés au Canada depuis 2018 sont survenues à l’étranger.

Une responsabilité partagée

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) reconnaît ne pas procéder « systématiquement à l’interrogatoire de tous les voyageurs quittant le Canada ».

Elle ajoute qu’empêcher une personne de quitter le Canada illégalement est une réalité partagée entre l’ASFC et ses partenaires, dont les corps policiers.

La reconnaissance faciale, une piste de solution

Le système de reconnaissance faciale, déjà bien présent dans certains aéroports internationaux, pourrait aider les autorités canadiennes à mettre la main au collet des individus recherchés avant qu’ils quittent le pays, estime un expert.

Des systèmes de reconnaissance faciale sont d’ailleurs à l’essai au Canada, mais encore loin d’être mis en fonction, avance John Gradek, ancien cadre chez Air Canada et expert en aviation à l’Université McGill.

John Gradek, ancien cadre chez Air Canada et chargé de cours à l’Université McGill, croit que le Canada ne pourra pas échapper encore longtemps aux systèmes de reconnaissance faciale dans les aéroports.

John Gradek, ancien cadre chez Air Canada et chargé de cours à l’Université McGill, croit que le Canada ne pourra pas échapper encore longtemps aux systèmes de reconnaissance faciale dans les aéroports. PHOTO Université McGill

« On est un peu plus lent qu’ailleurs dans le monde », déplore-t-il.

Des enjeux liés à l’utilisation des données captées par les appareils de reconnaissance faciale ralentissent l’entrée de cette technologie chez nous, explique M. Gradek.

L’Agence des services frontaliers n’a toutefois pas l’intention de mettre en place une telle technologie, affirmant être limitée par la législation en vigueur, a-t-elle fait savoir par courriel.

Facile d’avoir un faux passeport

S’il est facile pour les fugitifs de monter à bord des avions en départ du Canada, encore faut-il encore qu’ils parviennent à être accueillis à destination. Or, il serait plutôt facile d’obtenir un faux passeport au Canada, constatent nos informateurs.

Lors de son arrestation en banlieue de Rome au printemps 2025, le jeune caïd Dave Turmel était en possession d’un passeport émis au nom d’un autre individu. Le fugitif Jean-François Malo a aussi été arrêté avec un faux passeport, en Martinique.

Jean-François Malo a été condamné pour avoir commandé une attaque contre un avocat.

Jean-François Malo a été condamné pour avoir commandé une attaque contre un avocat. Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

« Même si on demande la remise du passeport... ils peuvent obtenir un autre passeport », déplore Me Patrick Michel, directeur des poursuites criminelles et pénales.

Sans se prononcer sur cette possibilité, Citoyenneté Canada assure déployer des « contrôles rigoureux » et parfois des « enquêtes administratives » avant de délivrer des passeports.

*** Disclaimer: This Article is auto-aggregated by a Rss Api Program and has not been created or edited by Bdtype.

(Note: This is an unedited and auto-generated story from Syndicated News Rss Api. News.bdtype.com Staff may not have modified or edited the content body.

Please visit the Source Website that deserves the credit and responsibility for creating this content.)

Watch Live | Source Article