Les gens qui souffrent d’un trouble de stress post-traumatique ont aujourd’hui accès à des thérapies de plus en plus efficaces qui leur permettent de modifier leur mémoire et leur évitent de devoir prendre de puissants médicaments.
« On ne fait pas juste diminuer l’effet des traumas, on les transforme », affirme la psychologue Sophie Côté, experte en trouble de stress post-traumatique (TSPT).
« La mémoire n’est pas une prison. C’est un livre que nous pouvons ouvrir et réécrire », résume-t-elle.
Selon la Dre Côté, les neurosciences ont bouleversé notre compréhension du trauma depuis 25 ans. Longtemps, les chercheurs croyaient qu’un souvenir traumatisant était comme une cicatrice gravée pour toujours dans la mémoire émotionnelle.
« On pensait que c’était indélébile et qu’on ne pouvait pas modifier ces traces en mémoire », explique l’experte en reconsolidation de la mémoire humaine.
Des découvertes entourant la « reconsolidation mnésique » ont changé la donne. Les scientifiques ont constaté qu’un souvenir, lorsqu’il est réactivé, peut être « mis à jour ».
« Les faits demeurent. Ce qui est arrivé est arrivé. Ce qu’on cherche à transformer, c’est ce qui a été appris ou ressenti à partir de ces événements », résume la Dre Côté.
Panique et anxiété
Les personnes atteintes de TSPT peuvent souffrir de crises de panique, d’anxiété, d’insomnie, de cauchemars ou de reviviscences. Les survivants d’accidents, les victimes d’agression et les témoins de choses atroces peuvent continuer de réagir physiquement comme si le trauma se reproduisait encore et encore des mois ou des années plus tard.
« Une reviviscence, c’est une réactivation involontaire du traumatisme. Ça peut être une image, mais aussi une sensation de chute libre, des tremblements, une boule au ventre ou une peur soudaine incompréhensible », explique la thérapeute.
Pour expliquer le phénomène, Sophie Côté utilise l’image d’une boîte de casse-tête lancée pêle-mêle dans un garde-robe.
« Quand un déclencheur survient, c’est comme si la porte s’ouvrait et que toutes les pièces volaient dans tous les sens. Les émotions, les sensations et les réactions réapparaissent d’un seul coup », illustre-t-elle.
Digérer son trauma
Le travail thérapeutique aide le cerveau à « métaboliser » ce qui est resté bloqué au moment du choc.
L’approche préconisée par la Dre Côté est celle de la thérapie dite de la cohérence. Celle-ci repose sur l’imagerie mentale. Le patient revisite certains aspects du traumatisme afin de compléter des réactions de survie demeurées inachevées.
« Souvent, la personne est restée figée ou a été empêchée de fuir ou d’agir. Une partie du système nerveux reste alors coincée dans cette impression que le danger est toujours présent », explique la thérapeute.
En thérapie, le patient va volontairement retourner dans ses souvenirs traumatiques et il va se « parler » à lui-même.
« Ça permet au cerveau d’intégrer le fait que la menace est terminée », poursuit la Dre Côté.
Cette approche transforme les modèles émotionnels qui entretiennent la souffrance au lieu d’apprendre aux patients à composer avec leurs symptômes.
« La personne n’a plus à fournir constamment des efforts pour contrôler ses réactions », se réjouit la Dre Côté.
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