Les policiers n’auraient même pas dû être appelés pour gérer l’altercation entre des résidentes d’une RPA de Québec, lors de laquelle une dame de 76 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé a été arrêtée, soutiennent de nombreux intervenants dans le domaine des soins aux aînés.
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« Il y a une chose qui est claire, c’est que la dame aurait dû être envoyée à l’hôpital ou c’est Urgences-santé qui aurait dû venir pour s’occuper d’elle. Ce n’est pas la police qui aurait dû venir », affirme Marc Fortin, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).
Notre Bureau d’enquête révélait mercredi que Christiane Tremblay, 76 ans, a été menottée, arrêtée et détenue pendant toute une nuit par les policiers de Québec, le 27 juin dernier.
La police de Québec, de son côté, affirme ne pas avoir été avisée de l’état de santé de Mme Tremblay au moment de l’intervention alors que la patiente était en crise.
La résidente de la RPA La Chambrière Vanier, présente d’importantes pertes cognitives et est sous mandat d’inaptitude. Néanmoins, elle fait aujourd’hui face à deux accusations de voie de fait.
« Mal géré »
Choqué par cette histoire, M. Fortin parle d’un « cas isolé et mal géré ».
« Il y a une raison pourquoi la police a été appelée, c’est soit un manque de jugement ou un manque de connaissance de la part de l’employé, ou un désemparement. C’est comme partout, ce sont des humains », dit celui dont l’organisation représente 800 propriétaires de résidences privées pour aînés.
Indignation
Le traitement infligé à Mme Tremblay a soulevé l’indignation générale, jeudi.
« Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Ceci est plus qu’inacceptable. C’est intolérable, c’est horrible », lance Sylvie Tremblay, directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), en entrevue à LCN.
Le son de cloche est le même pour l’ancienne ministre responsable des aînés Marguerite Blais, qui n’en revient pas. « On ne peut pas aller chercher des résidents dans des résidences pour aînés et leur mettre des menottes, ça n’a pas de sens », dit-elle.
Formations
Elle croit par ailleurs que cette situation qu’elle espère « isolée » est un signe que le personnel en résidences pour aînés et les forces de l’ordre devraient être mieux formés pour mieux encadrer les maladies neurodégénératives comme l’alzheimer.
« La population est vieillissante, il va y en avoir d’autres, des histoires comme ça », déplore-t-elle.
Pour sa part, l’actuelle ministre responsable des aînés, Sonia Bélanger, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Dans une déclaration écrite, elle a indiqué que les personnes vivant avec un trouble neurocognitif majeur doivent évoluer « dans un environnement sécuritaire et qu’elles reçoivent des soins adaptés à leurs besoins ».
Il n’a pas été possible de savoir si une enquête sera ouverte dans cette affaire.
Les Québécois atteints de troubles cognitifs
– Plus de 187 700 personnes étaient atteintes de troubles cognitifs au Québec en 2025.
– Il y a plus de 36 800 nouveaux cas de troubles neurocognitifs par année.
– Quelque 62 % des personnes vivant avec la maladie sont des femmes.
– Le nombre de personnes vivant avec un trouble neurocognitif pourrait augmenter de 145 % d’ici 2050.
Source : Société Alzheimer du Canada
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