Course automobile: quand les écuries n'ont pas le choix de faire payer les pilotes pour un volant

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BOWMANVILLE, Ontario | Dans une industrie où les volants sont surtout disponibles à ceux qui peuvent se le permettre, Luca Day et sa famille ont choisi la voiture à piloter.

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Ce n’est pas le propriétaire de l’écurie Momentum Motorsports, Phil Picard, qui a sélectionné le pilote.

« Les pilotes paient et amènent leurs commanditaires, affirme l’ingénieur, qui baigne dans la course automobile depuis des décennies.

Il se dit chanceux d’être entouré de passionnés et compter sur des pilotes qu’il considère comme des membres de la famille.

« On m’a souvent conseillé de trouver des commanditaires pour pouvoir choisir mes pilotes. Mais ce n’est pas ce qui se produit. La réalité est différente, assure Picard qui dirige une équipe figurant en milieu de peloton au championnat.

Ingénieur de formation et pilote automobile durant de nombreuses années avant de passer de l'autre côté du muret de béton, Phil Picard est propriétaire de l'écurie Momentum Motorsports au sein de laquelle pilote le jeune Québécois Luca Day, en 2026. PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU

Ingénieur de formation et pilote automobile durant de nombreuses années avant de passer de l'autre côté du muret de béton, Phil Picard est propriétaire de l'écurie Momentum Motorsports au sein de laquelle pilote le jeune Québécois Luca Day, en 2026. PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU Photo François-David Rouleau

« Malheureusement, une grande partie de la course automobile, c’est le financement, ajoute-t-il sans hésitation. Un pilote doit savoir survivre financièrement assez longtemps avant que son talent soit finalement reconnu pour recevoir des offres. »

L’instructeur et ingénieur de l’écurie, Quinlan Lall donne le même son de cloche. « Ce ne sont plus seulement les résultats qui importent. Tout le monde regarde l’argent, à tous les niveaux. À talents égaux ou moindre, c’est celui qui a le plus de financement qui prend le volant. 

« Et c’est ce financement qui achète les résultats », renchérit-il.

Le pilote québécois Luca Day a sélectionné l'écurie Momentum Motorsports en cours de saison 2025 au championnat de F4.

Le pilote québécois Luca Day a sélectionné l'écurie Momentum Motorsports en cours de saison 2025 au championnat de F4. Photo courtoisie Cédric Lambert

Bonne réputation

Après des histoires cauchemardesques et coûteuses avec d’autres équipes, les Day ont cogné à la porte de l’écurie Momentum durant la saison 2025. Ils cherchaient un endroit bien réputé où il serait possible de développer et encadrer Luca.

La bonne humeur, l’entraide et la passion suintent dans les quartiers de Momentum Motorsports. 

Pour la saison 2026, l'écurie américain Momentum Motorsports aligne deux voitures dans deux championnats différents. À la gauche, le Québécois Luca Day pilote la bagnole #54. Le bolide noir de droite est celui du quadragénaire Anthony Autiello qui évolue en Formule Regional.

Pour la saison 2026, l'écurie américain Momentum Motorsports aligne deux voitures dans deux championnats différents. À la gauche, le Québécois Luca Day pilote la bagnole #54. Le bolide noir de droite est celui du quadragénaire Anthony Autiello qui évolue en Formule Regional. Photo François-David Rouleau

Picard prépare un bolide performant en respectant un budget précis. Contrairement à plusieurs pilotes, Luca limite les journées d’essais dans le coin de Charlotte, en Caroline du Sud. La stratégie vise à éviter l’explosion des coûts et réduire ses absences à l’école.

Dans le simulateur

Une à deux heures par jour, l’étudiant en secondaire 5 s’installe dans son simulateur afin d’apprivoiser sa voiture et les circuits.

Une fois rendu sur la piste, Luca et son équipe cherche à trouver rapidement les bons réglages et maximiser ses séances d’essais libres avant les courses.

Pour améliorer son style de pilotage et l'épauler le développement de sa monoplace, Luca Day a la chance d'avoir un ancien pilote de F3, de F4 et de Formule 2000, Quinlan Lall. Celui-ci décortique tous les virages et les tours des séances du pilote québécois à l'aide de la caméra embarquées et des données télémétriques. PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU

Pour améliorer son style de pilotage et l'épauler le développement de sa monoplace, Luca Day a la chance d'avoir un ancien pilote de F3, de F4 et de Formule 2000, Quinlan Lall. Celui-ci décortique tous les virages et les tours des séances du pilote québécois à l'aide de la caméra embarquées et des données télémétriques. PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU Photo François-David Rouleau

Il s’est souvent démarqué en bouclant de bons chronos en tête de peloton. Avec deux courses encore à disputer, Day cherche à signer une première pôle et grimper sur le podium. Il croyait bien y parvenir deux fois. À Road America, au Wisconsin, à la mi-mai, Caleb Campbell, l’avait devancé par 24 centièmes au fil d’arrivée. Et en Ontario, une fausse manœuvre d’un rival derrière l’a privé de la troisième place.

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