Chaque élection amène à l’Assemblée nationale un contingent de nouveaux élus qui y débarquent pour la première fois avec des expériences de vie très diversifiées.
Compte tenu des résultats de lundi, c’est environ 78 % des députés (99 sur 127) qui se retrouvent dans cette situation. Une des plus grandes proportions dans notre histoire parlementaire. En guise de comparaison : en 1976, où 62 élus sur 110 (donc 56 %) étaient des recrues.
Il y aura donc plein d’inconnus fascinants à découvrir. Je vais vous en présenter quelques-uns dans les prochains mois.
« Aventurier »
Le péquiste Charles Page, élu de justesse dans Drummond-Bois-Franc, a un parcours hors de l’ordinaire.
En entrevue jeudi, je le désigne comme « alpiniste ». Il me dit préférer « aventurier ». Et pour cause sans doute : cette année, il est devenu la première personne au Canada à avoir atteint les six sommets de plus de 8000 mètres : Manaslu, Everest, Lhotse, Makalu, K2, Annapurna.
Un véritable exploit. Une série d’épreuves extrêmement exigeantes, dont il est revenu transformé et qui furent la source d’innombrables leçons dont il a tiré des conférences.
Cela rappelle Bernard Voyer, qui, après avoir effectué la traversée des deux pôles (Nord et Sud) et gravi l’Everest, était devenu un conférencier recherché. Charles Page, c’est un peu Voyer devenu député.
Les comparaisons entre les expéditions extrêmes, l’expérience des hautes montagnes et le sport extrême de la vie politique sont presque évidentes.
Métaphores
Lorsqu’il a été élu lundi, Page a déclaré que c’était « comme atteindre un sommet ». Pendant la campagne d’ailleurs, Page et son chef Paul St-Pierre Plamondon ont tourné une courte vidéo où le chef présentait son candidat.
Chaque commentaire au sujet des expéditions de Page pouvait se transposer à la politique. Dans les deux univers, on doit affronter « des vents de face, de l’adversité, des imprévus ». Page souligne que « la plus grande qualité, c’est de garder son calme et son focus ». Il faut, ajoute-t-il « se faire confiance » et faire confiance aux « gens avec qui on fait équipe ».
Redescendre
Parfois, tout en gardant l’objectif, le sommet, bien en vue, insiste-t-il, il faut accepter « de redescendre pour mieux remonter ».
C’est arrivé à Page notamment dans l’Annapurna, une des montagnes les plus risquées pour l’humain. Il aurait souhaité la gravir sans apport d’oxygène, mais à 7700 mètres, ne sentant plus son pied droit, il dut accepter la bouteille d’oxygène offerte par son sherpa.
Il faut savoir « réviser son plan », donc. Badin, je lui soumets que pour le Parti Québécois, ce serait comme repousser le référendum, par exemple ? « Ah, je suis de ceux qui croient que dans la vie, on doit s’adapter. Mais c’est le chef qui va choisir ! » L’aventurier devenu politicien, qui pourrait bien devenir ministre du sport, saura être prudent.
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