Affaiblie depuis une terrible chute subie en janvier 2026, une septuagénaire de Québec affirme qu’elle n’a pas pu louer un logement en raison de son « indésirable » fauteuil roulant motorisé.
Après des efforts soutenus de réadaptation à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ), Victoire Castonguay a dû poursuivre son combat ailleurs. Elle s’est butée à un autre obstacle en tentant de louer un logement adapté à ses nouveaux besoins.
Elle se tourne donc dès le mois d’août vers l’immeuble Le Gabriel, qui contient des condos locatifs situés dans le secteur de Sainte-Foy, un projet développé par GCS. Suffisamment accessible, l’endroit est desservi par des ascenseurs.
« J’aimais le milieu de vie et les commerces autour. Ça allait bien et l’appartement au sixième étage me convenait. Sauf que la dame m’a dit qu’elle n’était pas certaine que le propriétaire soit bien réceptif à la présence d’un fauteuil roulant dans ses appartements », explique Mme Castonguay.
Un refus
Quelques jours plus tard, le verdict est tombé par téléphone. « On m’a dit non, que ce n’était pas permis parce que ça allait salir les tapis ! J’ai répondu que ce n’est pas pire que des bottes d’hiver », ajoute-t-elle.
Même après avoir déniché un logement ailleurs, Mme Castonguay ne décolère pas.
« J’étais réellement déçue. Parce que je passe dans un fauteuil roulant, je n’ai pas droit aux mêmes services qu’une autre personne ? »
Le PDG de GCS-Développement Immobilier réfute les affirmations de Mme Castonguay et précise qu’il est « peu vraisemblable qu’un refus de location ait pu lui être opposé sous ce motif ».
« Nous tenons à préciser que les fauteuils roulants motorisés sont acceptés en tout temps, tant dans les aires communes de nos immeubles qu’à l’intérieur des logements. Notre clientèle est composée en grande partie de personnes âgées, dont certaines utilisent quotidiennement ce type d’équipement », a expliqué Sylvain Gilbert.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Interdit
Selon François Dignard, organisateur communautaire en défense des droits des locataires chez Moelle épinière et motricité Québec, il faut éviter qu’un tel cas se répète.
« Il s’agit d’un cas flagrant de discrimination basée sur le handicap, ou du moins sur l’utilisation d’un moyen pour pallier pareil handicap. Ce n’est pas une situation unique », dit-il.
« Pour moi, c’est une injustice », mentionne Ghislaine Castonguay, qui a vendu sa maison pour habiter avec sa sœur.
La discrimination dans le domaine du logement est interdite au Québec, notamment en raison de la Charte des droits et libertés de la personne.
On ne peut pas discriminer un individu à cause de son handicap ni en raison d’un moyen utilisé pour pallier ce handicap, comme un fauteuil roulant ou un chien d’assistance.
Il est possible de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).
Le cas le plus connu à Québec est celui de Robert Delarosbil, qui a dû lutter pendant deux ans, entre 2011 et 2013, pour pouvoir rester dans son condo avec sa chienne d’assistance.
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6 days ago
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