Un criminel sans remords affectés de traits psychopathiques a été condamné à une peine à durée indéterminée vendredi, en plus d’être déclaré délinquant dangereux pour avoir poignardé « avec une violence extrême et sans pitié » deux personnes qu’il accusait d’avoir essayé de l’empoisonner avec du lait, qui au final n’était que caillé.
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Daniel Lafond se dit traqué par les motards depuis une douzaine d’années, lui qui assure que sa tête est mise à prix. Sa paranoïa a culminé le 8 décembre 2021, alors qu’il se trouvait avec des connaissances dans un appartement du secteur Charlesbourg, à Québec.
Trouvant que le verre de lait qu’il venait de se verser avait un goût étrange, l’homme a immédiatement soupçonné Mario Anctil et Stéphane Deschênes de faire partie du supposé complot contre lui et d’avoir voulu l’empoisonner.
Il poignarde alors le premier, qui dormait paisiblement, en plein cœur, à la gorge et à la tête. Puis il se rend dans le logement voisin pour y servir la même médecine à Deschênes.
Lafond avait ensuite placé des meubles et des morceaux de bois sur les deux victimes, avant d’allumer des incendies dans les deux logements.
Dans les jours précédents et ensuite durant sa cavale, Lafond avait aussi violemment battu trois femmes, dont une qui avait été jusqu’à perdre conscience sous la ruée de coups de l’accusé.
Il recommencerait sans problème
Vendredi, le juge Carl Thibault a déclaré le criminel de 38 ans délinquant dangereux, en plus de l’astreindre à une sévère peine à durée indéterminée.
Ce n’était pas le plan de match qui se dessinait en septembre 2024, lors des observations sur la peine. Mais le témoignage que Lafond avait livré ce jour-là avait été à ce point troublant que c’est son avocate elle-même qui avait suggéré au tribunal de faire évaluer la dangerosité de son client.
Celui qui avait plaidé coupable quelques semaines plus tôt de double homicide involontaire pour la mort des victimes avait assuré qu’il referait la même chose au besoin, n’exprimant absolument aucun regret. Il soutenait même qu’une situation semblable risquait fort de se reproduire dans le futur et qu’il n’hésiterait pas à « se défendre ».
L’évaluation à l’Institut Philippe-Pinel a finalement révélé que le tueur « se qualifie à la psychopathie », présentant un risque de récidive générale « très élevé ».
Son avocate, Me Élise Pinsonneault, avait ainsi revu sa position suggérant une peine d’une quinzaine d’années et ne contestant pas l’ordonnance de délinquant dangereux demandée par son homologue de la poursuite, Me François Doyon-Gascon.
Le juge Thibault, qui avait salué l’ouverture de l’avocate à suggérer elle-même une évaluation, a cependant opté pour la peine à durée indéterminée en raison du « portrait sombre » dressé par les analyses. D’autant plus que l’homme a reconnu ouvertement continuer sa consommation de stupéfiants en détention, où il a accumulé les manquements disciplinaires depuis son incarcération.
Un tel portrait laisse croire qu’il s’agit de la seule manière de protéger la collectivité de Daniel Lafond.
« Le tribunal n’est pas convaincu que l’on peut vraisemblablement s’attendre à ce que le fait d’infliger une mesure moins sévère [...] protégerait adéquatement le public contre la perpétration par Daniel Lafond d’un meurtre ou d’une autre infraction grave », écrit le magistrat dans une décision étoffée.
Quels sont les critères d’une déclaration de délinquant dangereux ?
Parmi les critères devant être rencontrés, on retrouve le fait que le délinquant est « incapable de contrôler ses actes » ce qui permet de croire à une récidive de sévices graves contre la personne dans le futur. Aussi, par la répétition des actes violents, le criminel doit démontrer « une indifférence marquée quant aux conséquences » de ceux-ci. La faible possibilité d’une inhibition de ces comportements dans le futur est également listée.
Qu’est-ce qu’une peine à durée indéterminée ?
Il s’agit de la peine la plus sévère qui peut accompagner la déclaration d’un accusé à un statut de délinquant dangereux. La fin de la peine n’étant pas connue, la Commission des libérations conditionnelles du Canada procède à un réexamen de la situation du délinquant après sept ans, puis tous les deux ans par la suite.
Source : Ministère de la Justice du Canada
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