Près de 48 heures après le rassemblement raciste à Shawinigan, durant lequel une quinzaine de personnes masquées ont brandi une banderole « Je me souviens d’un Québec blanc », le président du groupe Second Sons Canada, Jeremy MacKenzie, a confirmé que ce sont des membres de son organisation qui étaient derrière cette manifestation.
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Ce groupe s’inscrit dans la mouvance des Active Clubs américains, de petits groupes d’entraînement physique et de sport de combat mettant de l’avant leur idéologie nationaliste et suprémaciste blanche.
La présence de ces groupes au Canada et au Québec demeure marginale, mais prend de l’expansion, soutient David Morin, professeur à la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent de l’Université de Sherbrooke.
Des Proud Boys aux Active Clubs
Selon un rapport publié en mars 2026, on compterait environ une trentaine de groupes actifs de la sorte au pays, sur un total de près de 200 à l’échelle planétaire.
« Ce sont des groupes qui se connaissent, qui se rencontrent, qui parfois s’entraînent ensemble, font des publications ensemble. Un certain nombre de ces individus-là étaient avant dans des groupes comme les Proud Boys, les Theree Percenters ou la division Atomwaffen », souligne M. Morin.
Lorsque le Canada a inscrit plusieurs de ces groupes américains sur la liste des entités terroristes, plusieurs membres de ceux-ci ont quitté ces entités pour rejoindre les Active Clubs.
Au fil des années, certains ont rejoint les rangs de groupes d’extrême droite comme La Meute, Storm Alliance ou les Soldats d’Odin.
L’existence de ces groupes est aussi rendue possible grâce à certains médias alternatifs.
« Vous avez quand même des figures importantes qui ont une audience quand même non négligeable dans les médias alternatifs qui relaient exactement le même genre de discours », indique David Morin.
Les actes violents posés par ces groupes sont plus rares au Canada, mais via les différentes plateformes et médias alternatifs, ceux-ci propagent leur idéologie.
« C’est quand même un indicateur d’une certaine normalisation d’un discours plus décomplexé et xénophobe », soutient le professeur à la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent de l’Université de Sherbrooke.
Pour ce dernier, il ne fait aucun doute que les Actives Clubs sont en pleine progression au Québec et dans le reste du pays.
« On voit dans les écosystèmes que nous, on regarde, plus d’individus qui suivent plus de forums de discussion privés avec des relais, des influenceurs qui appartiennent à la droite radicale, qui se font l’écho de ce genre de thèse. On a aussi une augmentation des crimes haineux au Canada et au Québec depuis maintenant plusieurs années en lien avec l’origine ethnique, la religion et l’orientation sexuelle », souligne l’expert.
Pour voir l’entrevue complète, visionne la vidéo ci-haut.
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