Entre douleurs invalidantes, rendez-vous repoussés et passages répétés à l’urgence, une jeune femme de 28 ans atteinte d’endométriose raconte un parcours médical qu’elle décrit comme un véritable combat. Elle dénonce les délais et le manque de prise en charge qu’elle affirme subir dans le réseau de santé québécois.
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Larisa Elena Petrec, atteinte d’endométriose — une maladie gynécologique inflammatoire chronique provoquant de vives douleurs pelviennes et pouvant mener à l’infertilité —, publie des vidéos sur les réseaux sociaux, dans lesquelles elle lance des cris du cœur sur sa condition et dénonce notamment le système de santé au Québec.
« C’est très difficile de se faire prendre en charge et même du moment que tu te fais prendre en charge, tu dois attendre des mois et des mois. Mais pendant ce temps-là, toi, ta situation, elle s’aggrave », a-t-elle expliqué en entrevue au micro d’Isabelle Maréchal, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, mercredi.
Même si elle a un médecin de famille et qu’un gynécologue lui a été assigné, elle affirme ne pas être prise au sérieux malgré de nombreux symptômes : évanouissements, douleurs nerveuses, engourdissements à la jambe, caillots sanguins durant ses menstruations, migraines, entre autres. On lui aurait toujours dit que sa situation était « normale ».
« J’ai poussé beaucoup avec mon gynécologue et on m’a toujours dit “non”. Donc, ils ne font pas vraiment des tests pour ça. Il n’y a pas vraiment de moyens de diagnostiquer l’endométriose. Beaucoup de femmes qui font des IRM et des ultrasons et ce n’est pas visible. On leur dit qu’elles sont folles », a-t-elle déploré.
Un système « brisé »
Dans une récente vidéo, Larisa Elena Petrec explique avoir trouvé elle-même un chirurgien prêt à l’opérer, mais, étant affiliée à un Groupe de médecine de famille (GMF), elle doit obligatoirement passer par ce système. Or, le calendrier du gynécologue qui lui est assigné est fermé jusqu’à la fin août.
« Il y a quelques mois, j’ai commencé à avoir une douleur à mon ovaire comme un couteau qui te rentre dedans. [...] Ça donné que ça faisait peut-être 6 mois que j’attendais déjà mon rendez-vous gynécologique, puis c’est comme tombé en même temps », a-t-elle expliqué.
Lors de sa consultation, son gynécologue détecte un important kyste ovarien. Elle doit alors passer une échographie, avec un délai d’un mois et demi, puis attendre encore un mois pour un suivi. Mais son état se détériore rapidement.
« 2, 3 jours après, ma douleur était insupportable. Je me suis évanouie et je me suis ramassée aux urgences puis finalement, on m’a diagnostiqué : on a trouvé avec un autre soin endovaginal mon endométriose de 96 cm de diamètre et deux kystes hémorragiques sur mon ovaire droit », a-t-elle déclaré.
S’ensuivent de multiples consultations, passages à l’urgence et rencontres avec différents spécialistes, sans qu’une chirurgie soit organisée. Elle affirme être renvoyée d’un service à l’autre, avec seulement une augmentation de ses doses de morphine.
« C’est très difficile parce que c’est ta qualité de vie, c’est la façon que tu manges, c’est la façon que tu vas aux toilettes littéralement. Tu n’as pas le droit de relations sexuelles en attendant, tu n’as pas le droit de faire un certain sport physique. J’annule des sorties avec des amis, je ne vais pas travailler la moitié du temps. Et ce sont des allers-retours à l’urgence », a-t-elle témoigné avec émotion.
Aller se faire soigner ailleurs
Face à la douleur et à l’absence de prise en charge rapide, elle dit avoir décidé de se faire soigner à l’étranger.
« Je pense que je ne fais plus vraiment confiance au système ici », a-t-elle déclaré.
Elle affirme que les protocoles diffèrent d’un hôpital à l’autre, compliquant encore son parcours.
« D’un hôpital à l’autre, les gens disent des choses différentes. Puis toi, comme patiente, tu fais des allers-retours à travers Montréal, puis à travers les hôpitaux comme ça pendant des jours et des semaines, appels téléphoniques, etc. », a-t-elle déploré.
Elle dit également craindre pour sa fertilité, son rêve étant d’avoir des enfants. Refusant de continuer à attendre, elle prend les choses en main et a finalement envoyé des demandes de consultation en Roumanie, en Turquie et au Mexique.
« C’est de très bonnes cliniques qui sont renommées, qui ont de meilleures techniques pour trouver l’endométriose », a-t-elle ajouté.
Pour visionner l’entretien, cliquez sur la vidéo ci-dessus.
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5 days ago
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