Revenons sur la manif raciste de samedi dans un parc à Shawinigan. Une vingtaine d’hommes masqués par des cagoules blanches rappelant le Ku Klux Klan ont brandi une banderole fleurdelisée marquée des mots « Je me souviens d’un Québec blanc ».
Mardi, j’expliquais qu’à travers l’Occident, il existe en effet une mouvance ouvertement raciste, xénophobe, misogyne et homophobe. Quoique marginale pour le moment, elle est néanmoins en montée.
Le groupe derrière la banderole raciste pourrait être en lien avec le mouvement xénophobe pancanadien Second Sons, d’influence néonazie. Ses cibles principales sont les juifs et les immigrants, tous vus par eux comme une menace existentielle à la civilisation dite blanche.
Le groupe Second Sons « s’inscrit dans la mouvance des Active Clubs américains, de petits groupes d’entraînement physique et de sports de combat mettant de l’avant leur idéologie nationaliste et suprémaciste blanche », écrivait l’Agence QMI.
Bref, c’est du sérieux. Depuis des années, des experts renommés en extrémisme, dont le professeur David Morin, documentent cette montée inquiétante des discours haineux.
Une différence de taille
Au 98.5, David Morin expliquait d’ailleurs une différence de taille entre l’extrême gauche et l’extrême droite, soit qu’en situation de violence, la première s’en prend aux biens alors que la seconde s’en prend physiquement à des personnes.
Tous les chefs politiques et le maire de Shawinigan ont condamné la manif raciste de samedi.
En réplique à son message suprémaciste blanc, des citoyens et citoyennes de Shawinigan ont défilé derrière leur propre banderole. Leur message : « Je me souviens d’un Québec inclusif ».
En entrevue à Tout un matin, Virginie Fréchette, de la Corporation de développement communautaire de la ville, expliquait que des organismes locaux déjà mobilisés dans le mouvement Le communautaire à boutte, tenaient à se « réapproprier le parc » avec un message antiraciste clair comme de l’eau de roche.
Leur message d’ouverture envers les nouveaux arrivants, disait-elle, traduit ce qui se passe dans la vraie vie à Shawinigan et les régions du Québec.
Chaque geste compte
Sur l’importance pour les citoyens plus longuement établis de rejeter concrètement les appels à la haine, Mme Fréchette disait avec raison que « chaque petit geste doit être considéré comme important ».
Et d’ajouter que « des personnes blanches peuvent et doivent se lever contre le racisme. C’est ce que ça veut dire, être une communauté ». En effet.
En vue de la prochaine campagne électorale, depuis quelques semaines, je présente dans mes chroniques des exemples fascinants de ce que j’appelle l’éveil tant attendu de la société civile.
Je le fais parce qu’à l’instar de ces femmes et de ces hommes de cœur à Shawinigan — aussi la ville natale de ma maman —, partout à travers le Québec, la société civile reprend peu à peu son droit de parole.
Après huit ans de politique de comptables, ils le font tout d’abord pour le bien commun, mais également pour les générations à venir. Et que ça continue.
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5 days ago
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