Le Parti Québécois réclame une enquête au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) sur Mission Leadership Québec (MLQ), un organisme qui fait la promotion du camp du Non et qui a obtenu des contrats de la CAQ dans le cadre de la campagne électorale de Christine Fréchette.
Notre Bureau parlementaire révélait mercredi qu’un organisme voué à la promotion du fédéralisme au Québec est soutenu financièrement par la CAQ, qui lui a confié deux contrats liés à la campagne de Mme Fréchette.
En façade, Mission Leadership Québec se présente comme un organisme sans but lucratif politiquement neutre. Or, l’organisation sollicite des dons afin de « combler un vide » et de promouvoir « l’unité canadienne au Québec ».
Selon des documents obtenus par Le Journal, le projet vise notamment à « faire contrepoids à la montée de l’indépendance du Québec à travers des alliances avec les autres partis ».
Le PQ soutient que ces révélations soulèvent des préoccupations sérieuses quant à l’intégrité du processus électoral et justifient une enquête formelle du DGEQ.
En entrevue, le candidat péquiste Alex Boissonneault a évoqué la possibilité d’une ingérence externe dans la campagne québécoise.
« Nous considérons qu’il y a lieu de croire que la Loi électorale pourrait ne pas être respectée et qu’il pourrait y avoir une ingérence externe dans le processus électoral québécois. Notre objectif est de défendre l’intégrité du processus démocratique au Québec. Franchement, les informations rendues publiques sont très inquiétantes », a-t-il déclaré.
Le candidat a rejeté les accusations de complotisme.
« Nous ne présumons pas des conclusions de l’enquête. C’est précisément pour cette raison que nous demandons au DGEQ de se pencher sur le dossier », a-t-il ajouté.
« Il y a de sérieuses questions à se poser. Ce n’est clairement pas un organisme non partisan. Nous ne voulons certainement pas nous retrouver avec une Option Canada 2.0. »
Préoccupations sérieuses
Dans une lettre envoyée jeudi au DGEQ, la directrice générale du Parti québécois, Génifère Legrand, demande à l’organisme de vérifier si les contrats accordés à MLQ par l’équipe de Christine Fréchette respectent les règles relatives au financement politique et aux dépenses électorales.
Le PQ estime que Mission Leadership Québec aurait dévié de sa mission déclarée et pourrait agir comme tiers intervenant non autorisé afin de favoriser certains partis ou candidats.
Selon la formation souverainiste, les indemnités versées à des militants pourraient constituer des dépenses électorales non déclarées.
Le parti demande également au DGEQ de vérifier si les activités de MLQ s’inscrivent dans une stratégie coordonnée d’ingérence extérieure susceptible de compromettre l’équité du processus électoral québécois.
Le PQ note aussi que l’organisation, qu’il qualifie de proche du Parti libéral du Canada, aurait versé des indemnités à des militants qui ont participé à des activités de porte-à-porte et de mobilisation politique. Selon lui, cette situation soulève des questions quant au financement et à la comptabilisation de ces dépenses.
Fréchette à l’aise
De son côté, Christine Fréchette s’est dite à l’aise avec la relation d’affaires entre son équipe et Mission Leadership Québec, même si elle n’a pas été en mesure de préciser le montant versé à l’organisme.
« Je suis à l’aise avec le fait qu’on ait passé un simple contrat pour organiser deux assemblées publiques. Ça se limite à ça », a-t-elle affirmé mercredi.
La CAQ a mandaté Mission Leadership Québec pour recruter des participants à deux assemblées publiques (« town halls ») en compagnie de la première ministre sortante.
Le PQ réclame néanmoins que toute la lumière soit faite sur le financement de l’organisme.
« Écoutez, le seul lien que nous avons avec cet organisme, c’est un contrat pour organiser deux assemblées publiques. That’s it », a répété Mme Fréchette.
Elle a ajouté avoir appris la véritable mission de l’organisation à la lecture des révélations du Journal.
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5 days ago
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