Le conseil de surveillance de Meta demande de ne pas remplacer la vérification des faits par les notes de contexte

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Le conseil de surveillance de Meta a appelé le groupe à ne pas abandonner la vérification des faits au profit des notes de contexte, alors que le géant américain commence à tester ce système dans 16 pays d’Amérique latine, une évolution qui soulève des inquiétudes sur l’avenir de la lutte contre la désinformation.

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Depuis mercredi, les utilisateurs de Facebook, Instagram et Threads dans 16 pays hispanophones de la région peuvent s’inscrire pour apporter du contexte à des publications en ligne. Dans le cadre de cette phase pilote, leurs contributions resteront invisibles aux autres utilisateurs.

Inspiré du système utilisé par X, propriété d’Elon Musk, ce dispositif collaboratif doit à terme remplacer les vérifications effectuées par des rédactions et organismes de vérification des faits accrédités. L’AFP fait partie des organisations de vérification des faits qui participent au programme de Meta en Amérique latine et ailleurs.

Meta n’a donné aucun calendrier pour ce changement, indiquant que le dispositif serait pleinement déployé lorsqu’il sera jugé suffisamment efficace.

Le conseil de surveillance de Meta, organisme quasi-indépendant financé par l’entreprise pour examiner ses décisions de modération, a toutefois estimé que les « notes de la communauté » ne constituaient pas un substitut adéquat aux vérifications de faits, les deux pratiques répondant selon lui à des « objectifs distincts ».

« Nous exhortons Meta à ne pas considérer les notes de la communauté comme un substitut direct à la vérification des faits, et à utiliser tous les outils les mieux adaptés pour lutter contre la désinformation sur ses plateformes, de manière à la fois protéger la liberté d’expression et à prévenir les préjudices potentiels », a déclaré le conseil d’administration dans un communiqué publié jeudi.

Si les notes de contexte peuvent « apporter des informations à des débats importants et renforcer la liberté d’expression », elles peuvent également « contribuer à des préjudices dans le monde réel que Meta a la responsabilité d’éviter ou de réparer », a averti le conseil.

Pas suffisant

Il avait déjà averti en mars que le déploiement mondial de ce dispositif risquait de porter atteinte aux droits humains dans des pays politiquement polarisés et lors d’élections sous tension.

Le projet pilote de Meta a également suscité les critiques du principal réseau international de vérification des faits.

« Le programme des notes de la communauté, à lui seul, n’est tout simplement pas suffisant pour réduire l’impact des fausses informations préjudiciables sur les plateformes de réseaux sociaux », a estimé Angie Drobnic Holan, directrice de l’International Fact-Checking Network, dont l’AFP est signataire.

LatamChequea, réseau regroupant 47 organisations de vérification des faits en Amérique latine, a également demandé au géant technologique de revoir sa décision.

« Les notes de la communauté ne suffisent pas dans des contextes où la désinformation est très répandue », a-t-il jugé, appelant Meta « à compléter, et non à remplacer, les initiatives de vérification indépendantes ».

Le changement de stratégie de Meta intervient alors que le secrétaire d’État américain Marco Rubio effectue une tournée dans la région, où il se rend dans des pays dont les dirigeants sont désormais alignés sur les politiques du président Donald Trump.

Il fait suite à une série d’élections qui ont vu des responsables politiques de droite, généralement favorables à une moindre régulation du numérique, enregistrer d’importants progrès en Amérique latine.

Ces nouveaux dirigeants s’appuient largement sur les réseaux sociaux pour soigner leur image et diffuser, selon leurs détracteurs, de la désinformation.

L’an dernier, quelques jours avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Mark Zuckerberg avait annoncé la fin des partenariats de Meta avec les organismes de vérification des faits aux États-Unis et leur remplacement par les « notes de la communauté ».

Reprenant une position défendue par les républicains, le patron de Meta avait présenté ce changement comme un retour à la liberté d’expression.

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