La famille de l’ancien joueur de hockey Claude Lemieux, qui s’est enlevé la vie jeudi, a annoncé que son cerveau sera donné à la science afin de voir s’il était atteint d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC). Un expert nous aide à mieux comprendre cette maladie qui soulève de nombreuses questions sur la santé cérébrale des athlètes qui pratiquent des sports de contact.
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C’est quoi, au juste, l’ETC ?
«L’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) est une maladie neurodégénérative pouvant être entraînée par des traumatismes crâniens répétés, subis de manière chronique et ne s’accompagnant pas nécessairement des symptômes d’une commotion cérébrale », explique le professeur titulaire au Département de psychiatrie de l’Université McGill et directeur de la Banque de cerveaux de l’institut Douglas, le Dr Naguib Mechawar.
La maladie neurologique se développe donc progressivement au cours des années chez les personnes qui subissent de multiples traumatismes au cerveau en raison de coups répétés à la tête.
« Les lésions typiques de cette maladie sont similaires à un des types de lésions caractérisant la maladie d’Alzheimer. Dans l’ETC, on les retrouve surtout autour de petits vaisseaux sanguins aux creux des sillons parsemant le cortex cérébral. C’est une maladie neurodégénérative, alors plus la maladie est avancée, plus les lésions sont nombreuses et la mort neuronale importante », détaille le Dr Mechawar.
Quel est le lien entre l’ETC et le sport ?
Les athlètes qui pratiquent des sports de contact, comme les hockeyeurs et les joueurs de football américain, risquent particulièrement d’être atteints de l’ETC puisqu’ils accumulent des milliers de coups à la tête d’importance variable au fil de leur carrière.
La maladie a d’ailleurs fait les manchettes au milieu des années 2010, quand des joueurs de la NFL ont entamé une poursuite contre la ligue après qu’une étude effectuée sur le cerveau de 111 anciens joueurs décédés a révélé qu’un seul d’entre eux ne présentait pas de signes d’ETC.
Au moins dix-sept anciens joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH), dont Henri Richard, Bob Probert et Steve Montador, ont été diagnostiqués de l’ETC après leur mort.
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C’est quoi le rapport entre l’ETC et le risque suicidaire ?
Les personnes atteintes d’ETC peuvent présenter divers troubles neurologiques, dont des pertes de mémoires, des sautes d’humeur violentes ainsi que des dépressions sévères.
« Ces symptômes s’accompagnent d’une augmentation du risque suicidaire », précise le Dr Mechawar.
De nombreuses zones d’ombre persistent cependant autour de la maladie, car il n’existe actuellement pas de test pour confirmer si une personne est atteinte d’ETC de son vivant.
« À ce jour, l’ECT ne peut être diagnostiquée qu’après la mort, grâce à l’examen des caractéristiques microscopiques du cerveau par un(e) neuropathologiste », souligne le chercheur qui s’intéresse à la neuroanatomie cellulaire de la dépression majeure et du suicide.
Malgré l’absence de traitement pour soigner l’ETC, le Dr Mechawar note qu’il est « tout à fait possible de prévenir cette maladie en évitant les traumatismes crâniens, qu’ils soient légers ou qu’ils s’accompagnent des symptômes d’une commotion cérébrale ».
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