Zone scolaire à Québec: trois automobilistes sur quatre ont le pied pesant, selon CAA

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Trois automobilistes sur quatre dépassent la limite de vitesse permise dans une zone scolaire selon CAA-Québec, qui estime qu’une adaptation de l’aménagement urbain ferait la plus grande différence sur le comportement des usagers de la route. 

« Malheureusement, ce n’est pas surprenant du tout, se désole le président de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, André Durocher. Je ne sais pas combien d’accidents ça va prendre avant que respecter la limite en zone scolaire devienne un automatisme, au même titre que de s’arrêter à un feu rouge. »

CAA-Québec a passé une journée à analyser les comportements des automobilistes devant l’école primaire de la Chanterelle, dans le secteur de Val-Bélair, à Québec, et a constaté que trois conducteurs sur quatre roulent à plus de 30 km/h, parfois jusqu’à 70 km/h.

CAA-Québec a passé une journée à analyser les comportements des automobilistes devant l’école primaire de la Chanterelle, dans le secteur de Val-Bélair, à Québec, et a constaté que trois conducteurs sur quatre roulent à plus de 30 km/h, parfois jusqu’à 70 km/h. Photo Stevens LeBlanc

Des représentants de CAA-Québec ont coincé des centaines d’automobilistes alors qu’ils circulaient à plus de 30 km/h autour de l’école primaire de la Chanterelle, dans le secteur de Val-Bélair, à Québec, le 7 octobre dernier.

Les données colligées au début des classes, pendant le midi et à la fin de la journée, ont permis à l’organisation de conclure que plus de 75 % des 1059 usagers de la route n’ont pas respecté l’obligation de ralentir aux abords de l’école.

En moyenne, les conducteurs ont traversé la zone de 150 mètres à 36 km/h. Plusieurs ont excédé les 40 km/h et un chauffard s’est même fait prendre à plus de 69 km/h.

« 36 km/h, ça peut sembler anodin, mais c’est 20 % au-dessus de la limite. C’est comme rouler 120 km/h sur l’autoroute en ville », fait valoir M. Durocher.

Pas que la vitesse

En plus des automobilistes au pied pesant, la Fondation CAA-Québec a dénombré des dizaines d’infractions au Code de la sécurité routière autour de l’école de la Chanterelle cette journée-là.

Passages sur un feu jaune, virages à droite malgré une interdiction au feu rouge, non-respect de la priorité de passage  ; au total, 64 constats d’infraction auraient pu être remis pour des gestes qui témoignent d’impatience, d’après les observateurs.

« Même avec un brigadier pour faire traverser les enfants, ça ne change rien  ; deux autos sont passées sur une lumière rouge. [...] On constate que les gens sont pressés autant le matin que le soir. C’est peut-être pire le soir, parce qu’ils ont leur journée dans le corps et il y a un risque supplémentaire d’être inattentif », explique André Durocher.

Le directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, André Durocher, soutient que le fait de ralentir devant un établissement scolaire devrait être un réflexe pour tous les automobilistes, particulièrement pour les parents qui ont un enfant d’âge primaire ou secondaire.

Le directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, André Durocher, soutient que le fait de ralentir devant un établissement scolaire devrait être un réflexe pour tous les automobilistes, particulièrement pour les parents qui ont un enfant d’âge primaire ou secondaire. Photo d'archives, Agence QMI, Joël Lemay

L’aménagement fait la différence

Les journées d’observation menées depuis quelques années par CAA-Québec permettent de constater que le seul véritable outil viable pour forcer les voitures à ralentir dans une zone scolaire est l’aménagement urbain.

Les avancées de trottoir pour rétrécir la largeur de la rue, les panneaux de zone scolaire clignotants, les seuils de ralentissement, les radars pédagogiques, le marquage au sol et les feux de circulation « changent tout », d’après les experts en sécurité routière de la fondation.

« On sent une grande volonté politique partout au Québec pour des aménagements sécuritaires et ça ralentit vraiment la circulation. Toute indication ou installation supplémentaire est bonne pour sensibiliser les automobilistes », conclut André Durocher, ajoutant que la présence policière a également un effet sur le nombre de comportements imprudents.

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