Violence conjugale: le Bureau du coroner propose 13 recommandations pour prévenir les décès

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Le Bureau du coroner a publié un rapport, mardi, afin de proposer 13 recommandations pour mieux prévenir les décès liés à la violence conjugale.

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Des experts ont analysé dix événements causant en tout 16 décès, peut-on lire dans ce quatrième bilan du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale.

Ces 13 recommandations tournent autour de trois axes, a indiqué le Bureau du coroner.

Sensibiliser le public

Les experts estiment que la sensibilisation est un outil crucial pour prévenir les décès. 

Les chercheurs ont d’abord observé que les victimes et les agresseurs sont issus de milieux très différents. « Il est donc essentiel de retenir que la violence conjugale traverse tous les milieux », peut-on lire.

La séparation, imminente ou récente, a aussi été un élément crucial dans 8 des 10 événements.

Améliorer les pratiques dans le réseau de la santé et des services sociaux

Plusieurs victimes s’enlèvent la vie après avoir vécu de la violence conjugale, a confirmé le Bureau du coroner. Il recommande donc aux intervenants de mieux reconnaître les principaux facteurs de risque associés pour les victimes, mais aussi les particularités du discours masculin, afin de prévenir de telles tragédies.

Les experts citent aussi une étude disant que « 80 % à 92 % des victimes de violence physique » auraient subi des coups ou des secousses à la tête, ce qui accroît le risque de traumatisme craniocérébral. Il s’agit d’une « problématique peu documentée », selon eux, qui recommandent des formations pour mieux prévenir et éviter des cas positifs.

Renforcer la protection des victimes autochtones au Nunavik

Sur les 10 événements étudiés, deux concernaient des femmes autochtones ou inuites. On évoque le cas d’un agresseur inuit qui a été laissé sans surveillance pendant plusieurs jours après sa comparution.

« C’est dans ce contexte que le décès de la victime est survenu et que l’agresseur s’est ensuite suicidé », a-t-on indiqué.

Les experts recommandent donc des mesures pour une meilleure efficacité du système judiciaire au Nunavik.

Voici les 13 recommandations du Bureau du coroner, ciblées au gouvernement ainsi qu’aux organismes du milieu :

  1. Sensibiliser et informer le public que la violence conjugale peut se manifester dans tous les milieux socio-économiques et qu’elle peut être amplifiée dans le contexte d’une séparation ;
  2. Mieux soutenir les témoins de violence conjugale afin qu’ils soient plus à l’aise de dénoncer ;
  3. Mieux soutenir les témoins et les victimes vers des services de protection présentant des risques d’homicides et de risques suicidaires ;
  4. Développer des outils au bénéfice du personnel d’intervention sur la détection des risques suicidaires des victimes ;
  5. Sensibiliser le personnel à promouvoir la formation sur le risque d’homicide pour mieux repérer la violence conjugale ;
  6. Développer des formations sur les liens entre le traumatisme craniocérébral et la violence conjugale ;
  7. Inclure ces formations dans le cursus universitaire des facultés de médecine ;
  8. Inclure ces formations dans les programmes de formation continue pour les professionnels du réseau de la santé et des services sociaux ;
  9. Assurer un accès rapide aux services de réadaptation pour les victimes avec un traumatisme craniocérébral ;
  10. Sensibiliser les ordres professionnels à la formation permettant de lever la confidentialité en cas de risque d’homicide ou de suicide pour mieux partager l’information ;
  11. Promouvoir aux corps policiers les dispositions légales disponibles pour améliorer la sécurité des victimes ;
  12. Accélérer la mise en place de salles pour les audiences virtuelles au Nunavik ;
  13. Mieux soutenir le CAVAC Sapummijiit afin de bonifier le soutien des victimes dans ce secteur.

Dix féminicides sont déjà survenus depuis le début de l’année au Québec.

Le gouvernement du Québec a d’ailleurs adopté la « loi Gabie Renaud », qui permettra désormais de consulter les antécédents en matière de violence conjugale d’un nouveau conjoint.

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