Plus d’une centaine de personnes ont pris part à la deuxième édition de la Marche de solidarité envers les enjeux masculins, samedi après-midi à Québec, afin de sensibiliser la population aux différents enjeux pouvant toucher les hommes.
L’événement visait notamment à ouvrir le dialogue sur la détresse psychologique, la santé mentale, les dépendances, l’isolement, l’itinérance, les séparations familiales ainsi que les violences sexuelles et conjugales.
« C’était pour montrer qu’on existe, que les réalités masculines sont importantes, puis de parler justement de leurs difficultés », explique Samuel Dussault, directeur du Regroupement des organismes québécois pour hommes agressés sexuellement (ROQHAS), qui a organisé l’événement en compagnie du Regroupement provincial en santé et bien-être des hommes (RPSBEH) et de l’organisme AutonHommie.
Selon lui, les besoins sont bien présents, mais demeurent parfois cachés derrière certains stéréotypes associés à la masculinité.
« Les hommes vont moins demander de l’aide, ils vont moins parler de leurs émotions à cause des normes de socialisation chez les hommes. En fait, ça fait en sorte que leurs besoins restent cachés un peu plus », a-t-il souligné.
Drapeau blanc
Une grande partie des participants ont également marché avec des pancartes entièrement blanches, un choix volontaire de la part des organisateurs.
Le symbole visait entre autres à attirer la curiosité des passants, mais aussi à représenter les réalités masculines dont on parle encore peu, selon eux.
« Elle rappelle le drapeau blanc. C’est un symbole de paix, de bienveillance, mais elles rappellent aussi une page blanche pour représenter les enjeux masculins, des réalités dont on n’entend pas beaucoup parler et qui sont encore invisibles », explique M. Dussault.
Ce dernier souligne toutefois que des services existent bel et bien sur le terrain, mais qu’ils demeurent trop peu connus du grand public. Il invite ainsi les hommes à franchir le pas et à ne pas hésiter à demander du soutien, que ce soit pour des difficultés en santé mentale, des dépendances, une rupture ou des situations de violence.
Un message rassembleur
Les organisateurs insistent par ailleurs sur le fait que la reconnaissance des enjeux masculins ne doit pas être opposée aux luttes menées pour d’autres groupes.
« Ces deux causes-là ne sont pas opposées, au contraire. Nous, on croit qu’elles peuvent être complémentaires », a expliqué Samuel Dussault en entrevue.
Pour lui, l’un des principaux objectifs demeure de faire connaître les ressources disponibles et d’encourager les hommes à les utiliser. Il souhaite également voir le prochain gouvernement s’impliquer davantage pour soutenir les organismes qui viennent en aide aux hommes ainsi qu’en prévention.
« Les ressources sont là, il y en a vraiment beaucoup plus qu’on pense. Elles sont là sur le terrain, mais les personnes ne savent pas qu’elles existent », déplore-t-il.
Plus d’une centaine d’organismes communautaires offrent d’ailleurs des services destinés aux hommes au Québec. Selon les données avancées par les groupes, ces organismes viennent en aide à plus de 45 000 hommes chaque année.
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