Plusieurs grands dirigeants d’entreprises et acteurs du monde de la finance sont réunis à Toronto, lundi, pour le Sommet canadien de l’investissement.
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Le premier ministre Mark Carney souhaite ainsi courtiser les investisseurs du monde entier pour les attirer au Canada.
« Ça ressemble un peu à un genre de pitch à la Goldman Sachs. On sait que monsieur Carney a travaillé longtemps à Goldman Sachs, il sait exactement ce qui attire les investisseurs », a décrit Louis Hamann, ancien directeur des communications du ministre fédéral des Affaires étrangères, en entrevue à LCN, lundi.
Néanmoins, la venue de ces grandes fortunes au pays ne veut pas dire pour autant qu’ils investiront au Canada.
« C’est Jean Chrétien qui disait : il n’y a rien de plus égoïste qu’un million de dollars. Le million de dollars, il va là où c’est facile, là où ça rapporte », mentionne M. Hamann.
« C’est un peu comme quand vous faites une visite libre, quand vous cherchez une nouvelle maison à acheter. Ce n’est pas parce que vous allez à une visite libre que vous allez nécessairement acheter le bien immobilier », ajoute-t-il.
Investir au Canada, c’est compliqué
Même avant la guerre commerciale de Trump, le Canada avait du mal à attirer des investisseurs internationaux, souligne l’ex-employé du gouvernement fédéral.
« Quand on disait à des compagnies “venez investir au Canada, c’est stable et c’est prévisible“, ils disaient ”oui, mais c’est difficile, c’est compliqué” », rapporte Louis Hamann.
Les différentes réglementations canadiennes, notamment celles touchant l’environnement ou les communautés autochtones, représentent un frein pour plusieurs investisseurs, selon lui.
Investissements incertains
L’autre hic, c’est que plusieurs des grands projets pour lesquels Ottawa est à la recherche d’investisseurs sont encore en phase préliminaire.
« Habituellement, ces grands fonds d’investissement, il faut savoir qu’ils aiment investir dans des projets qui sont déjà sur les rails, c’est-à-dire des projets qui ont démontré le potentiel de faire un profit ou font déjà un profit. Tout ce qui est Greenfield, des projets qui partent de zéro – et il y en a plusieurs sur la liste de monsieur Carney – ils sont un peu frileux à ça », indique Louis Hamann.
Par ailleurs, les huit grands fonds de pension canadiens, notamment celui de la Caisse de dépôt et placement du Québec, n’investissent eux-mêmes que 25 % de leurs actifs au Canada.
« Les fonds étrangers vont poser la question : “vous nous invitez à investir au Canada, mais vos propres fonds de pension investissent seulement 25 % de leurs actifs au Canada. Est-ce qu’il y a quelque chose qui cloche ? ” », souligne l’ancien directeur des communications du ministre des Affaires étrangères.
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Contexte politique
Finalement, les grands investisseurs internationaux détestent prendre des risques et pourraient donc être réticents à investir au Canada, notamment en raison de la guerre commerciale entre Ottawa et Washington.
« Vous avez une élection référendaire dans quelques semaines ici au Québec et vous avez un plébiscite en Alberta, qui parle de se séparer », mentionne également M. Hamann.
« Alors c’est certain que l’investisseur, quand il remonte dans son jet privé pour quitter Toronto demain, oui Marc Carney est un bon leader, on lui fait confiance, c’est quelqu’un qui connaît la chose, mais encore une fois, il y a des nuages », ajoute-t-il.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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1 week ago
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