Depuis quatre siècles, le Québec est une aventure aussi folle qu’improbable. Contre vents et marées, il tient pourtant le coup. En cette veille de notre fête nationale, il vaut la peine de se le rappeler.
Malgré de nouveaux reculs documentés depuis plus de 30 ans déjà, le Québec perdure comme le seul État de langue française en Amérique.
Au sortir de la Grande Noirceur duplessiste, avec notre révolution dite tranquille, on s’était aussi promis, citoyens et élus, de viser enfin une plus grande égalité des chances pour tous.
On s’est juré que notre Québec serait plus juste et plus humaniste.
Or, depuis les mêmes 30 dernières années, sauf exception comme la création des CPE, cette grande ambition s’éteint au fil de politiques publiques qui, au lieu de renforcer notre filet social, le détricote peu à peu.
Le tout, sur fond de compressions aveugles suivies de réinvestissements mal ciblés combinés à une myriade de « réformes » successives d’une incompétence, il faut bien le dire, sidérante.
Résultat : pendant que nos écoles à « trois vitesses » tuent l’égalité des chances au lieu de la renforcer, les Québécois ont de moins en moins accès à un réseau public de santé fonctionnel et humain.
Vivre-ensemble mis à mal
En même temps, une crise du logement alarmante nous ramène à des scènes d’itinérance à ciel ouvert dignes de la Grande Dépression.
Sans oublier notre vivre-ensemble mis à mal par un certain discours populiste occupé à nourrir la suspicion envers les nouveaux arrivants alors que notre société elle-même demeure une des plus accueillantes de l’Occident.
D’où, comme je l’ai noté dans des chroniques précédentes et continuerai de le faire, ces voix qui, de plus en plus nombreuses, montent de la société civile pour exiger mieux pour le Québec.
La dernière en date parmi d’autres est celle d’une alliance de signataires issus notamment d’Oxfam-Québec, du Conseil du patronat du Québec, de la FTQ, de Vivre en Ville, de l’UPA, d’Écotech Québec, etc.
Boussole électorale
Dans une lettre ouverte, leur demande est limpide : faire du bien-être des gens notre boussole électorale.
En s’inspirant entre autres de l’Islande et de la Nouvelle-Zélande, il faut donc réapprendre à prendre soin de notre monde avec les yeux rivés sur une plus grande égalité des chances pour nous et les générations à venir.
Je les cite : « Ceux et celles qui aspirent à gouverner le Québec devront avoir le courage de s’attaquer avec sérieux et cohérence aux inégalités sociales et la pauvreté qui augmentent, au renforcement de notre économie fragilisée, aux avancées rapides de l’intelligence artificielle qui bouleversent le marché du travail, aux crises du logement et de l’itinérance qui s’aggravent, à la difficulté grandissante de pouvoir se nourrir sainement, aux impacts des changements climatiques qui s’accélèrent et aux difficultés d’accès aux soins de santé et à l’éducation ».
La commande est vaste, mais urgente. Qui, parmi les chefs des partis en lice, sera preneur ?
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1 week ago
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