Alors qu’une récente étude souligne les impacts majeurs de l’alcoolisme parental sur les enfants, une intervenante québécoise dénonce le manque de soutien offert aux familles touchées.
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Selon une récente étude danoise publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs, les enfants de parents alcooliques sont davantage exposés à divers problèmes de santé et d’adaptation sociale. Troubles mentaux, hospitalisations et difficultés scolaires figurent notamment parmi les conséquences associées à l’alcoolisme parental.
Éliane Gagnon, fondatrice de Soberlab — un lieu de transition pour les personnes sobres de drogues ou d’alcool souhaitant poursuivre leur cheminement — rappelle que l’alcoolisme touche l’ensemble de la cellule familiale et ne se limite pas à la personne dépendante.
« On voit que les enfants sont laissés à eux-mêmes. Les parents doivent aller se rétablir, doivent aller prendre soin d’eux. [...] C’est la violence, que ce soit de la violence psychologique, le manque affectif, le manque de sécurité. Ça se traduit dans des blessures qui nous suivent à long terme vraiment », a-t-elle souligné sur les ondes de LCN, samedi.
Mme Gagnon met également en lumière le manque de ressources pour les personnes qui sortent de thérapie.
« C’est des centaines de personnes qui rentrent en thérapie tous les jours, toutes les thérapies qu’il y a au Québec. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais ces gens-là sortent de thérapies, puis n’ont pas nécessairement d’endroits où aller. Donc, le filet de sécurité après la thérapie est inexistant », a-t-elle déploré.
Elle explique que Soberlab vise justement à offrir ce filet de sécurité, notamment en permettant à des femmes d’éviter de retourner dans des milieux où la consommation et la violence sont présentes.
« Elles peuvent venir se déposer [...]. Il y a énormément de gens [dans le besoin] parce que j’ai au moins quatre appels par jour », a-t-elle ajouté.
Reconstruction des femmes dans la sobriété
La fondatrice a également lancé cette semaine une campagne visant à soutenir la reconstruction des femmes engagées dans une démarche de sobriété, dont certaines sont mères.
L’initiative s’articule autour de trois projets concrets : le jardin de la reconstruction avec un potager favorisant les rassemblements, une grange créative destinée à offrir un espace de création et de liens entre les participantes, ainsi que des lits d’urgence pour accueillir les personnes en situation de précarité.
« L’idée, c’est de retrouver l’autonomie évidemment, mais le premier mois ou deux, des fois, ça peut faire du bien d’arriver dans un espace pour se poser, avoir de l’amour, du soutien, de la bienveillance, la compassion. C’est ce qu’on crée chez Soberlab », a-t-elle indiqué.
Financée par des dons, la campagne vise à amasser 300 000 $.
« Ça va sauver des vies. Littéralement, ça aide à reconstruire des familles, puis on va pouvoir donner la chance à des femmes de se reconstruire à tous les niveaux, dans toutes les sphères de leur vie. Et contribuer au monde », a-t-elle conclu.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.
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