Main-d’œuvre indépendante: des hôpitaux toujours dépendants des infirmières d’agences

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À moins de quatre mois de l’échéance pour mettre fin au recours aux agences privées dans le réseau de la santé, plusieurs établissements en région peinent à s’en départir.

« On croit sincèrement que c’est irréaliste de penser qu’on va pouvoir se priver de la main-d’œuvre indépendante tout en offrant la même offre de services », affirme Cindie Soucy, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)–Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent.

Cindie Soucy, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent.

Cindie Soucy, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent. Photo fournie par Cindie Soucy

Les agences de placement ont déjà été éliminées dans la majorité des régions du Québec, mais elles demeurent permises jusqu’au 15 octobre dans le Bas-Saint-Laurent, l’Outaouais, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Nunavik.

À l’approche de cette date, les syndicats craignent que le réseau ne soit pas en mesure de remplacer les centaines de travailleurs provenant de la main-d’œuvre indépendante.

Dépendance qui augmente

Dans le Bas-Saint-Laurent, la situation s’est même détériorée au cours des derniers mois puisque le nombre de travailleurs d’agence a doublé en un an.

« En octobre 2025, on croyait qu’avec [seulement] la quarantaine de personnels infirmiers indépendants présents sur notre territoire, on serait capables d’y arriver. Aujourd’hui, on est rendus entre 80 et 90 », soutient Mme Soucy.

Environ le tiers de cette main-d’œuvre est concentré à Rimouski et la majorité travaille en CHSLD.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Isabelle Perron, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

En Abitibi-Témiscamingue, le taux d’absentéisme du personnel régulier est passé de 8 % à 12 %, faute de remplaçants promis par l’équipe volante publique.

« On retire la main-d’œuvre indépendante, mais on presse le citron sur la main-d’œuvre qui est restante ici en région », résume Jean-Sébastien Blais, président de la FIQ en Abitibi-Témiscamingue.

Selon lui, le retrait des agences risque d’avoir des conséquences concrètes.

« Si on n’a pas de plan de remplacement, il va falloir fermer des lits et peut-être même certains services dans les secteurs les plus isolés », prévient-il.

Une employée des urgences de l’Hôpital de Montréal recouvre une civière d'un drap.

Une employée des urgences de l’Hôpital de Montréal recouvre une civière d'un drap. Photo Agence QMI, Joël Lemay

Améliorer les conditions de travail sera essentiel pour se passer des agences, selon Régis Blais, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« Si on veut se débarrasser de la main-d’œuvre indépendante, la logique veut qu’on trouve les moyens, qu’on investisse dans les conditions pour attirer et retenir le personnel », dit-il.

Toujours aucun plan

En Outaouais, 327 postes sont toujours occupés par de la main-d’œuvre indépendante.

« On est très préoccupés. Encore une fois, la surcharge de travail va être mise sur les épaules du personnel en soins, alors que le drapeau rouge est levé depuis longtemps et que la date butoir est connue », déplore Karine D’Auteuil, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais.

Karine D'Auteuil, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais.

Karine D'Auteuil, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais. Photo fournie par Karine D'Auteuil

Tout comme les syndicats locaux, l’organisme Les Entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ), qui représente une quinzaine d’agences, affirme n’avoir reçu aucun scénario de transition.

« Présentement, on n’a aucune réponse [de Québec]. Il n’y a pas de plan. Mais on le sait que les régions ont énormément besoin », reconnaît sa coprésidente, Isabelle Lechasseur.

Nombre d’heures effectuées par de la MOI en 2025-2026

Côte-Nord : 586 587

Bas-Saint-Laurent : 182 903

Abitibi-Témiscamingue : 120 000

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