J’ai parcouru le Livre bleu du PQ au cours des derniers jours. Impressionnant. Du travail sérieux, bien fait. Évidemment, il restera toujours comme faiblesse qu’on nage dans l’hypothétique. Nul ne peut deviner tout ce qui arriverait ici et ailleurs sur une période de quelques années après une victoire du Oui. Néanmoins, avec les données disponibles, l’exercice est rigoureux.
Il faut dire que le PQ ne partait pas de zéro. Aux questions complexes sur le « comment » de l’indépendance, du débroussaillage avait déjà été fait en préparation du référendum de 1980. Puis en 1991, la Commission Bélanger-Campeau, mandatée par l’Assemblée nationale, avait étudié plusieurs scénarios. Ce travail avait été poussé plus loin sous Jacques Parizeau pour le référendum de 1995.
Le Livre bleu du PQ accomplit plusieurs bonnes choses. Il réitère les bases du projet souverainiste : la pérennité de la langue française, l’identité, la menace du modèle multiculturel canadien, la réduction des dédoublements de bureaucratie. Bien documenté et habilement vulgarisé, le texte impose sa logique. Il touche le cœur et la tête.
Québec viable ?
Il répond aussi à des questions de base. Je rappelle que l’automne dernier, un sondage Léger a indiqué que 60 % des Québécois croyaient que le Québec n’avait pas les moyens financiers pour être indépendant. Triste erreur de fait.
On peut croire que la situation économique serait meilleure ou moins bonne. C’est un débat légitime. Mais on ne peut pas dire que le Québec n’aurait pas les moyens. Le document du PQ rappelle que le Québec serait 27e au monde pour la richesse par habitant. Cela signifie qu’il y a 170 pays souverains avec un niveau de vie inférieur. Le Québec ne serait même pas un petit pays, il serait encore moins un pays pauvre.
Parmi les quelques critiques sur le document, on a voulu montrer qu’il y a des bénéfices à faire l’indépendance dans tous les domaines. C’est faux. Des chapitres comme l’environnement, les transports ou l’agriculture sont clairement plus minces.
Que dire du chapitre sur les Premières Nations ? C’est le plus compliqué... et c’est le seul qui manque. À venir au cours de l’été. Avec le récent jugement en Alberta, les Autochtones sont de plus en plus convaincus d’avoir le dernier mot en toute matière. Pas simple.
Théorique
Le problème de Paul St-Pierre Plamondon, c’est que tout ça semble bien théorique. Comme un devoir universitaire bien fait, mais pas comme un manifeste politique bien enraciné dans la réalité.
Parlez aux gens autour de vous. Bâtir une armée québécoise ? Créer une monnaie québécoise ? Vous allez voir des yeux ronds et des bouches ouvertes (à éviter ces temps-ci dans la saison des moustiques). Même une partie de ceux qui voteraient spontanément Oui semblent dubitatifs.
Comme si ces thèmes étaient déconnectés de Trump, des guerres, du monde réel de 2026. Le PQ a tout un travail à faire pour planter les piquets de sa tente dans la réalité.
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3 days ago
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