Avec son bateau, ses palmiers et ses animaux empaillés, impossible de passer à côté de ce delicatessen sur la rue Sherbrooke Est. Si ses fondateurs profitent maintenant d’une retraite paisible, le lieu vit un regain d’activité grâce aux livraisons et à un nouveau propriétaire.
Montréal compte une foule de commerces qui ont su résister au temps malgré les fluctuations économiques et qui s’élèvent au rang d’institution. 24 heures parcourt la métropole pour révéler le secret de longévité de ces vieux de la vieille.
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« Je viens ici depuis plus de 14 ans parce qu’on est toujours bien reçu, c’est comme des membres de la famille », dit Christian Cherrier, qui mange au Miami Déli quasiment tous les jours. « J’en n’ai pas vu souvent des restaurants comme ça. »
Dans ce diner à la décoration atypique, les clients se croiraient en Floride. En levant la tête, ils peuvent admirer des trophées de pêche.
« La plupart ont été pêchés par le fondateur qui était un grand amateur de pêche et aimait aller en Floride, où il a une résidence », explique Camille Fournier, une serveuse.
Une affaire de famille
C’est la famille Tsantes qui a transformé, en 1995, la beignerie Treize à la douzaine en restaurant. Le père, Stamatios Tsantes, alias Steve, a vite été épaulé par ses fils George et Tony pour travailler à heures perdues dans ce restaurant familial.
De cette époque, il reste Antonio Francisco Gonzalo Viniaro, le pizzaïolo qui prépare encore lui-même sa pâte et sa sauce tomate.
« Je fais 50 à 80 pizzas par jour, dit-il. J’adore mon travail. C’est pour ça que je suis là depuis autant de temps. »
« C’est vraiment le décor, l’ambiance et la nourriture qui font que les gens viennent et reviennent », estime Camille Fournier qui note que les restaurants offrant un déjeuner lève-tôt à 7,99 $ sont rares de nos jours.
En avril 2025, la famille Tsantes a vendu le Miami Déli à Tharmgunarasa Nadarasa, alias Ricci, un Sri-Lankais arrivé au Canada en 1995.
« J’achète en grosse quantité grâce à tous mes restaurants, ce qui me permet d’avoir les meilleurs prix chez mes fournisseurs et donc de garder les prix bas sur le menu », explique Tharmgunarasa Nadarasa.
Depuis son arrivée, le choix de plats s’est agrandi. Les livraisons représentent maintenant la moitié du chiffre d’affaires et pour éviter de dépendre des plateformes comme Uber Eats, le Miami Déli peut compter sur ses propres livreurs.
Les défis du déli
« On est un des seuls restaurants dans les environs, hors chaîne, qui est ouvert 24 heures, mais c’est difficile d’avoir des employés qui ont envie de travailler toute la nuit », explique Camille Fournier.
« La fréquentation a augmenté depuis la pandémie, mais notre clientèle est vieillissante », avoue John Henrry, le manager.
Pour attirer les jeunes, le nouveau propriétaire investit dans la publicité et des collaborations sur les réseaux sociaux.
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