Le filtre anti‐conflits visant à empêcher le premier ministre Mark Carney de favoriser ses propres intérêts financiers a été déclenché 17 fois, a appris Le Journal.
• À lire aussi : Carney et Sabia disent s’être mis à l’abri des conflits d’intérêts potentiels avec Brookfield
• À lire aussi : Révélations sur Brookfield, ce géant dans l’ombre qui était présidé jusqu’en janvier par Mark Carney
• À lire aussi : Recul de la transparence au fédéral, qui veut empêcher le public d’avoir accès à ses courriels et ses textos
C’est ce que révèle une lettre du Bureau du Conseil privé de la mi-mai obtenue par Le Journal.
Dans cette missive, la sous-secrétaire, Mala Khanna, ne mentionne pas les entreprises concernées, à part Powell Energy Inc, qui n’a pas répondu aux questions du Journal.
On précise aussi que le filtre a été activé quand le gouvernement Carney a annoncé son intention de laisser plus de place aux assureurs hypothécaires.
« Le filtre s’appliquait en raison de la possibilité qu’il y ait une incidence disproportionnée sur les compagnies visées par le filtre », écrit-on.
« Un écran de fumée »
D’après Luc Thériault, porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Éthique, ce filtre est « un écran de fumée ».
« Des 17 fois où il a été appliqué en plus d’un an, nous n’avons aucun détail sur 11 de ces situations. Les libéraux méprisent la transparence et, alors qu’il devrait montrer l’exemple, le premier ministre maintient une apparence de conflit d’intérêts inacceptable », va-t-il jusqu’à dire.
Il saisit mal pourquoi Michael Sabia a jugé bon de vendre ses actifs dans Brookfield, mais pas Mark Carney.
« Nous l’avons vu lors du vote de crédits pour les petites centrales nucléaires, dans lesquelles le premier ministre a des actifs, et lors duquel il n’a pas cru bon se récuser. Le filtre ne fait pas son travail et le premier ministre devrait vendre ses actifs pour cesser d’être, à tout le moins en apparence, en conflit d’intérêts », avance-t-il.
17 FOIS.
Il n’y a pas de meilleur moment pour ramener le document de 18 pages qu’on a préparé pour vous renseigner sur les conflits d’intérêts « apparents » du premier ministre.
Tout est basé sur des faits.
Pas de la fiction.
Pas des impressions.
Des faits.
Quand l’alarme… pic.twitter.com/tYMLZO1Uy3
Des millions en jeu
Notre Bureau d’enquête a déjà révélé que Mark Carney détenait environ 6,8 millions $ US en actions de Brookfield Asset Management en décembre 2024, l’entreprise qu’il dirigeait.
Au Bureau du Conseil privé, on rétorque que tout est fait dans les règles de l’art.
« Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique a confirmé qu’il était approprié que le premier ministre place ses actions de Brookfield dans une fiducie sans droit de regard, ce que le premier ministre Carney a fait. De concert avec le filtre anti-conflit d’intérêts, ces mesures assurent qu’il n’y a pas de risque, réel ou perçu, de conflit d’intérêts », assure son porte-parole, Pierre-Alain Bujold.
« Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique a clairement indiqué que le premier ministre ne devait pas être informé de l’application du filtre avant qu’une décision ne soit finalisée et rendue publique. De ce fait, certaines décisions ne peuvent pas encore être divulguées de manière proactive, tandis que d’autres font l’objet de restrictions », conclut-il.
Exemples de contrats fédéraux impliquant les entreprises du filtre Carney
CDW Canada Corporation
- 11 contrats (technologie de l’information et équipement informatique)
- Valeur : 73 547 $
Iron Mountain Canada
- 3 contrats (entreposage et de gestion documentaire)
- Valeur : 779 880 $
Brookfield Global Relocation Services
- 2 contrats (services de réinstallation et immobiliers)
- Valeur : 11 977 $
Microsoft
- 15 contrats
- Valeur : 902 107 $
Fedex
- 23 contrats
- Valeur : 196 938 $
Source : Bureau du conseil privé et Service des poursuites pénales du Canada
- Avec la collaboration de Philippe Langlois et de Sylvain Larocque
.png)
1 week ago
4

















Bengali (BD) ·
English (US) ·