L’Iran, qui a réussi à tenir tête aux États-Unis et à Israël depuis la fin février, semble gonflé d’une arrogance qui pourrait conduire à sa perte, croit un spécialiste en politique internationale.
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« Il y a peut-être un risque que les Iraniens poussent trop leur luck en bon québécois », a suggéré vendredi Georges Mercier, doctorant en sciences politiques au Centre de recherche international de Sciences Po Paris et à l’Université de Montréal, en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal.
En riposte aux frappes israéliennes et américaines en Iran, Téhéran a opté pour un outil « asymétrique » en fermant le détroit d’Ormuz, explique l’expert.
« Le problème, c’est que cet outil-là était un problème pour toute la planète. Donc pour résister à deux envahisseurs ou deux attaquants, les Iraniens prennent la planète en otage », souligne-t-il.
Selon ce dernier, les Américains semblent disposés à donner « mers et mondes » à l’Iran pour que le détroit d’Ormuz soit rouvert.
Des investissements majeurs pour la reconstruction et des levées de sanctions semblent faire partie des concessions que Washington pourrait faire.
« Et là, les Iraniens font la fine bouche, annoncent qu’ils vont bel et bien imposer des frais après 60 jours, remettent en question le début des négociations en raison des frappes d’Israël sur le Hezbollah au Liban, dans un autre pays. Il y a un moment où peut-être que si les Iraniens continuent comme ça, ils vont faire face à une réplique mondiale qui ne serait plus seulement les États-Unis et Israël, mais une coalition qui comprendrait bien qu’on ne peut pas entraver la navigation dans un détroit comme ça », argumente l’analyste et doctorant en sciences politiques.
L’entente entre l’Iran et les États-Unis a contribué à réduire considérablement le prix du baril de pétrole. Pour Washington, il s’agit d’une porte de sortie de ce conflit dont il souhaite de plus en plus ardemment la fin.
De son côté, Téhéran ne semble pas aussi pressé de ramener la situation à la normale.
« La question qui se pose pour le régime iranien, c’est la même qui se pose depuis 47 ans, c’est : voulez-vous être un régime normal, qui tant bien que mal, serait intégré à l’économie mondiale, ou vous voulez continuer de privilégier la cause de la révolution islamique et ne pas agir comme un régime normal ? Et ce qu’on nous montre depuis hier, c’est que les Iraniens choisissent encore aujourd’hui le pari de la révolution au détriment du bien-être de leur population et de leurs propres intérêts économiques », résume Georges Mercier.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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