Le report à l’automne du dépôt du projet de conteneurs internationaux de l’entreprise QSL soulève de nombreuses questions quant aux capacités, au Québec, de réaliser de grands projets porteurs afin de nous rendre plus compétitifs et attractifs.
Données à l’appui, Robert Bellisle, PDG de QSL, souligne que son projet s’avère des plus porteurs pour la région.
Je l’ai rencontré au siège social de QSL, plus important opérateur de terminaux portuaires du Saint-Laurent et des Grands-Lacs, fondé à Québec et situé sur le boulevard Champlain.
Devant lui se trouve le document qui présente l’ensemble du projet. Il faut cependant obtenir l’autorisation de le déposer avant de le rendre public.
M. Bellisle déplore d’être bloqué à cette étape, alors que le port de Québec a enfin obtenu l’autorisation fédérale, en avril, d’accueillir un terminal de conteneurs internationaux.
C’est un non-sens, déplore-t-il, car ce dépôt permettra justement de répondre aux préoccupations, et de tenir des consultations pour ensuite apporter certaines modifications, au besoin.
Cercle vicieux
Il est en effet tout à fait judicieux de poser une foule de questions par rapport à la qualité de l’air et au camionnage, notamment.
L’objectif ne devrait toutefois pas être d’empêcher la réalisation coûte que coûte.
La procédure en vigueur voudrait que ce soit le Port de Québec qui en fasse l’analyse d’impacts, d’après un processus d’évaluation rigoureux et réglementaire.
Des groupes, dont la Table citoyenne Littoral Est, ont toutefois réclamé que ce soit plutôt l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) qui procède, réclamant « plus d’indépendance ».
L’AEIC se donne jusqu’à l’automne pour décider.
Plus d’agilité
S’il n’a d’autre choix que de se plier à ces délais imprévus, M. Bellisle réclame plus d’agilité. Il est convaincu qu’il pourra rassurer les citoyens et que son projet, présenté en 2024, sera un grand succès.
Une étude réalisée par la firme AVISEO pour la Chambre de commerce maritime détaille ses nombreux avantages.
Le PDG de QSL rappelle que son projet n’a rien à voir avec le défunt Laurentia. Ce dernier impliquait des investissements étrangers, empiétait dans le fleuve et posait problème pour l’habitat des poissons. Il a d’ailleurs été rejeté par le fédéral en 2021.
M. Bellisle souligne avoir appris des erreurs commises dans ce dossier, dans lequel QSL n’était aucunement impliqué. Son projet n’a pas du tout la même ampleur, ne touche pas au fond marin ni à l’habitat du poisson.
Il n’est pas question non plus d’empêcher la réalisation de la phase 4 de la promenade Samuel-De Champlain ni la transformation de l’autoroute Dufferin en boulevard urbain, assure-t-il.
M. Bellisle en parle comme d’un projet vert, qui permettra de réduire les émissions de GES. Il évitera, par exemple, que des camions partis de l’est du Québec filent à Montréal et repassent à Québec.
Le projet de QSL, qui augmenterait les revenus des entreprises de 59 M$ par année, viendrait aussi répondre à des défis affectant la chaîne d’approvisionnement canadienne.
Les ports américains ne doivent pas accaparer les marchandises pendant qu’au Canada, on bloque les projets. Ces derniers doivent pouvoir cheminer.
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2 weeks ago
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