Le prochain luxe: n'avoir besoin de rien de plus grand

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Vieillissement de la population, inflation, sentiment de trop-plein : plusieurs signaux économiques suggèrent que la logique du « toujours plus grand » s’essouffle.

Simple réaction à la hausse du coût de la vie, ou changement plus profond de nos préférences ?

Le « think big » plafonne

Les baby-boomers quittent leur maison familiale pour un condo mieux adapté à leur réalité. Sensibles au prix de l’essence, les consommateurs se tournent vers des voitures plus économiques, même si cela implique de descendre en gamme.

Les gros véhicules continuent de se vendre, mais la catégorie n’est plus en croissance. Le segment des « camions légers » — VUS et pickups — a reculé en 2025 : après être passé de 45 % en 2005 à 72 % en 2024, il s’est replié à 68 %. Les voyageurs raccourcissent leurs séjours, choisissent des destinations plus proches. Certains détaillants notent que les consommateurs prennent davantage le temps de réfléchir avant d’acheter.

Basculement démographique

La croissance de la consommation a longtemps été une marque de fabrique du baby-boom. Mais notre société vieillit. En 2025, au Québec, près de 27 % de la population a plus de 60 ans. Avec la retraite, les baby-boomers semblent de moins en moins attirés par un mode de vie expansionniste — à un certain âge, on réalise que la vraie ressource rare, c’est le temps.

L’innovation du dernier quart de siècle a largement misé sur le « toujours plus gros » : le pickup, le lit king, la télé 75 pouces. Mais une fois qu’on a tout ça, que reste-t-il de plus grand à la portée de la classe moyenne ? Une plus petite maison devient synonyme de moins de tracas. Posséder moins, c’est moins de responsabilités, moins d’entretien, plus de temps pour vivre.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Alexandre Dubé, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Un verre et 20 kilos

Les aînés ne sont pas les seuls à porter ce changement.

Les jeunes, étranglés par la hausse du coût du logement et de l’épicerie, sont contraints d’opter pour « plus petit » dès le départ. Ce sont aussi les générations Y, Z et Alpha qui mènent la charge de la réduction drastique de la consommation d’alcool, désormais associée au mauvais sommeil, à la prise de poids et aux risques pour la santé.

Sous l’influence des produits GLP-1 comme Ozempic ou Wegovy, plus d’un milliard de livres de poids corporel ont été perdues au cours des trois dernières années en Amérique du Nord. Le recul de l’obésité est le point d’orgue de ce retour au plus petit — au sens littéral comme au sens figuré.

Pendant des décennies, notre prospérité s’est mesurée en pieds carrés, en cylindrées, en taille de téléviseur ou en nombre de bouteilles dans la cave à vin. Le prochain statut social ne sera peut-être plus de montrer qu’on a plus, mais qu’on a enfin besoin de moins.

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