Les trois principales chaînes d’épicerie canadiennes affirment ne pas vouloir avoir recours à la tarification dynamique, mais il se pourrait que cette pratique débarque tout de même dans les marchés d’alimentation dans un avenir rapproché.
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Sobeys, Loblaws et Metro assurent que ce n’est pas dans les plans, mais ces trois bannières ont déjà commencé à installer des étiquettes électroniques dans leurs épiceries.
« La tarification dynamique existe déjà depuis longtemps en amont de la chaîne. Donc les fournisseurs avec les grossistes, on doit faire justement la bonne planification, optimiser l’échange en haut de la chaîne », a souligné le spécialiste de l’industrie agroalimentaire Sylvain Charlebois, en entrevue à LCN, dimanche.
Tarification de surveillance
La nouvelle étape en cours depuis le début de 2026 touche l’interaction entre les consommateurs et les bannières. Celle-ci vise à optimiser l’échange entre l’offre et la demande.
« Si on manque d’inventaire, on augmente les prix. Si on a trop d’inventaires, on diminue le prix pour stimuler la demande », indique l’expert.
« Ce qui fait peur, c’est la tarification de surveillance. Et la tarification de surveillance, c’est d’utiliser vos données numériques, donc votre algorithme, pour justement fixer un prix pour vous et vous seul », ajoute-t-il.
Ainsi le prix pourrait varier en fonction de votre salaire, de votre lieu de résidence, du nombre de voitures ou de téléviseurs que vous possédez à la maison.
« On pourrait avoir justement des prix différents. On le voit dans les hôtels, on le voit dans les vols, mais pour la nourriture, une nécessité essentielle, je ne pas sûr que les gens sont prêts à accepter ça », souligne M. Charlebois.
La tarification dynamique pourrait aussi ouvrir la porte à la possibilité que le prix d’un article change entre le moment où vous le mettez dans votre panier et celui où vous le payez à la caisse.
« La loi sur l’exactitude des prix au Québec ne couvre pas cette zone grise, c’est un angle mort total parce qu’évidemment, si le prix n’est pas correct, on a droit justement à ce produit-là gratuitement jusqu’à concurrence de 15 dollars. Mais qu’est-ce qui arrive si le prix qu’on voit sur la tablette n’est pas le même qu’à la caisse ? » s’interroge le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
Le même questionnement se pose quant aux prix affichés dans les circulaires : comment justifier que le montant associé à un article dans les aubaines de la semaine ne soit plus valide une fois que le client se présente en magasin ?
« C’est une bonne chose que les gouvernements se penchent sur cette problématique-là, parce que j’ai l’impression qu’il va y avoir une tentation assez forte de la part des bannières d’augmenter les marges, qui sont très minces, mais ça serait tentant d’augmenter les marges par la tarification de surveillance », soutient Sylvain Charlebois.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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