La campagne électorale file, mais le silence radio persiste au sujet des changements climatiques, un enjeu qui est pourtant existentiel et qui a un impact majeur sur le coût de la vie.
« La bonne nouvelle, c’est qu’on va garder le meilleur pour la fin, parce qu’on n’a pas encore parlé d’environnement. Ça doit faire partie des choses passionnantes qui vont venir plus tard, j’imagine », ironise Alain Webster, qui préside depuis 2021 le Comité consultatif sur les changements climatiques.
C’est d’autant plus renversant que la semaine dernière, trois études des plus percutantes ont été dévoilées et devraient pousser nos politiciens à réagir.
L’Organisation météorologique mondiale a ainsi statué que le phénomène El Niño de 2026 pourrait s’avérer l’un des plus intenses à avoir été enregistré dans l’histoire.
Il prend des proportions démesurées sous nos yeux, comme l’a exprimé Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.
Le constat est simple, résume Alain Webster : toutes les conditions sont réunies pour avoir plus de sécheresses en Asie, en Afrique et en Australie, et plus d’inondations dans le sud des États-Unis et en Amérique du Sud, plus de tempêtes violentes dans le Pacifique.
Coût de la vie
À l’échelle de la planète, on peut s’attendre à l’augmentation du coût des denrées et aussi du coût des assurances. Il faudra aussi s’occuper des infrastructures, ce qui implique de dépenser beaucoup de fonds publics.
Par conséquent, l’impact sera majeur sur le coût de la vie, un enjeu qui préoccupe grandement la population.
Autre rapport, celui du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Il démontre que pour préserver l’équilibre climatique pour la santé de l’humanité, il faut que la température soit largement en bas d’une augmentation de deux degrés.
Or ce seuil sera dépassé, selon les prévisions, et on pourrait même atteindre un point de bascule, qui ferait que ça deviendrait hors de contrôle. On s’entend que c’est la dernière chose qu’on souhaite...
Solutions qui existent
Quant au troisième rapport, c’est celui d’Environnement Canada sur les impacts des changements climatiques et l’adaptation.
Dans les engagements à l’échelle mondiale, le meilleur scénario possible à l’échelle canadienne nous dit que la température va augmenter de 3,5 degrés. Au Canada, si on se contente de faire les politiques actuelles, la température va augmenter de cinq degrés en moyenne.
« En termes pratiques, expose le président du Comité consultatif, cela signifie qu’il y aura plus de feux de forêt, en particulier en Ontario et au Québec, de durée et d’intensité plus fortes, épisodes de chaleur extrême de 4 à 9 fois plus fréquents. »
Au Québec, on prévoit 40 % plus de précipitations extrêmes. Partout au pays, il faut s’attendre à plus d’inondations, d’érosions dans l’est du Québec, de sécheresse.
Si tout cela peut paraître très anxiogène, les solutions existent. Des technologies ont été développées et on peut se tourner vers les énergies renouvelables, souligne M. Webster.
Pour cela, il faut des politiciens qui réalisent l’urgence et qui prennent les choses en main.
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2 days ago
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