Une guerre à l’autre bout du monde et votre facture d’épicerie grimpe, tout comme votre billet d’avion... et votre loyer.
L’inflation a bondi à 3,2 % au Canada en mai, son plus haut niveau en un an, et le Québec fait pire, à 3,6 %, indique le bilan publié lundi par Statistique Canada.
Le Québec reste toutefois loin des provinces les plus touchées. La Nouvelle-Écosse subit les pires hausses à 5,2 %, suivie du Nouveau-Brunswick à 4,7 %. L’Ontario s’en tire mieux, à 2,6 %.
Tout part du pétrole. La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont fait exploser le brut, en mai, puis le prix de l’essence a grimpé de 33 % au Canada.
« La hausse des prix de l’essence a entraîné une augmentation des coûts de transport et tiré à la hausse les prix des biens, qui ont frôlé les 5 % », explique David-Alexandre Brassard, économiste en chef de CPA Canada.
Retirez l’essence du panier, et l’inflation tombe en effet à 2,2 %.
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Trump et la météo
Des conditions météo difficiles et les droits de douane américains ont ensuite aggravé le problème en réduisant l’approvisionnement.
Y a-t-il une lumière au bout du tunnel ? Les économistes de TD estiment que mai marque le sommet de l’inflation pour 2026.
Les prix du pétrole reculent depuis les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran.
« Avec le recul des prix du pétrole en juin, cette hausse devrait être temporaire », affirme pour sa part l’économiste des CPA. Mais il prévient que « les consommateurs pourraient ne pas voir immédiatement une baisse des prix ».
Là où ça fait mal
Voici les secteurs où les prix causent le plus de maux de tête aux Québécois.
L’épicerie
Les aliments achetés en magasin ont dépassé l’inflation globale pour un 16e mois consécutif, en hausse de 4,3 % sur un an. Les légumes frais explosent de 9 %, dont les tomates qui bondissent de 45,2 %, suivies de la laitue, le brocoli et le chou-fleur. Même les aliments transformés augmentent.
L’essence
Hausse de 33 % en un an. Mais ce que vous payez à la station-service n’est que la partie visible. L’énergie au total a bondi de 22 %. Depuis le 20 avril, Ottawa a suspendu sa taxe d’accise sur l’essence et le diesel jusqu’au 7 septembre. Sans ça, la douleur à la pompe serait plus grande.
Les voyages
Augmentation moyenne de 7,4 % pour les billets d’avion en un an. En avril, ces mêmes tarifs avaient pourtant reculé de 1,7 %. Le retournement est brutal ; le carburéacteur flambe et les transporteurs refilent aussitôt la note aux passagers. Les voyages organisés, eux, ont bondi de 17 % d’un mois à l’autre en mai après une chute de 11 % en avril.
Les loyers
Bonne nouvelle pour les propriétaires : les intérêts hypothécaires reculent pour un 33e mois consécutif, et le coût de remplacement par le propriétaire diminue depuis 13 mois (-2,5 %). Mauvaise nouvelle pour les locataires : les loyers ont tout de même grimpé de 3,5 % en un an. C’est la hausse la plus faible depuis janvier 2022, mais dans un marché tendu, ça représente des centaines de dollars de plus par année.
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1 week ago
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