Le gouvernement Fréchette a lancé l’appel d’intérêt international pour la réalisation d’un troisième lien à l’Est, mais il faudra attendre au printemps 2027 pour en connaître le tracé exact et les coûts. C’est le projet de la « dernière chance », reconnaît le ministre Benoit Charette.
La première ministre s’y était engagée, après avoir jeté aux poubelles le projet de lien interrives prévu dans le corridor « central » par le tandem de François Legault et Geneviève Guilbault.
L’appel international publié jeudi est d’une durée de 45 jours, et un rapport sera remis au gouvernement en novembre.
D’ici là, malgré la campagne électorale, les électeurs ne connaîtront ni le coût estimé du projet ni le tracé final.
Comme le révélait Le Journal en mai, le corridor retenu par le gouvernement relie la route Lallemand, sur la Rive-Sud, à l’autoroute Dufferin-Montmorency du côté nord.
Ce n’est toutefois qu’au printemps 2027 que le gouvernement dévoilera les détails.
« C’est un calendrier qui est justifié d’un point de vue d’ingénierie et administratif. Il y a une élection entre-temps, mais on ne peut pas faire toutes ces étapes-là en deux mois, c’est impossible », a justifié le ministre des Transports, Benoit Charette, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
« On part un cycle de 10 ans, ce sont des mois qui sont capitaux pour la suite », a-t-il ajouté.
L’appel d’intérêt s’adresse aux constructeurs, afin qu’ils proposent le meilleur mode de réalisation et le moyen de financer un pont reliant les deux rives à l’Est.
L’éventuel projet inclura un péage.
Enjeu de crédibilité
Le ministre Charette ne se fait pas d’illusion.
Il sait que l’équipe caquiste en sera à une quatrième campagne électorale sur le thème d’un troisième lien pour les gens de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.
« On a perdu beaucoup de crédibilité là-dessus. C’est un petit peu la dernière chance », concède-t-il.
Les nombreux revirements et moutures ont nui au parti, mais permettent au gouvernement d’aborder le projet comme jamais auparavant, selon le ministre.
« On a perdu très certainement quelques années. Par contre, les gens sont maintenant ouverts à un partenariat avec le privé, ce qui n’était pas le cas du tout. »
Il estime qu’une implication du privé donne la chance d’envisager l’infrastructure autrement que par la seule lorgnette des coûts.
« On aura un projet plus complet, qui boucle le réseau routier. »
Plus acceptable
Charette croit aussi que cette version sera acceptable pour la ville de Québec, alors que le maire Bruno Marchand décrivait le corridor « central » comme une « catastrophe ».
« On arrivait au plein cœur de la ville, dans un secteur déjà congestionné, et il y avait des enjeux d’expropriations importants [...] Toutes ces contraintes, on ne les a plus. »
Malgré le fait que la CAQ ait déçu les attentes, le troisième lien routier est encore souhaité par une majorité de citoyens des deux rives.
Reste à savoir si le parti peut encore être perçu comme celui qui le réalisera, alors que les libéraux de Charles Milliard défendront aussi un projet à l’Est.
« On a une démarche plus crédible que dans le passé », insiste Benoit Charette.
Ce que Benoit Charette a dit sur...
– L’ancien corridor central :
« Le projet aurait été non seulement incompris à l’extérieur de la grande région de Québec, mais en plus, même ceux qui le défendent étaient contre le tracé qu’on proposait... c’était voué à l’échec. »
– L’appui possible de Bruno Marchand :
« Mon souhait, c’est que la Ville de Québec, sans qu’ils deviennent des ambassadeurs du projet, qu’ils reconnaissent que les irritants ont été corrigés. »
– La nécessité d’un nouveau lien :
« Je veux éviter un scénario semblable au pont de l’Île-d’Orléans ou de l’Île-aux-Tourtes, où l’on savait depuis des années qu’il fallait remplacer, et que les gouvernements n’avaient pas prévu leur remplacement, alors on a agi dans l’urgence. »
L’opposition raille la CAQ
« La même vieille CAQ qui fait de l’électoralisme [...] l’“annonce” d’aujourd’hui est une mise en scène en vue des prochaines élections générales. Aucune étude, on ne sait rien des coûts, du tracé, de l’ingénierie. Tout le monde dans la Capitale-Nationale l’a déjà compris : c’est du vent. »– Pascal Paradis, député du PQ
« Christine Fréchette perd toute la crédibilité qu’elle veut se donner en essayant d’agiter ce vieux hochet électoral de la CAQ. [...] C’est franchement gênant de voir la CAQ aussi désespérée de se chercher des vieux engagements pour mieux paraître alors que la région de Québec mérite bien mieux que des promesses électorales recyclées. »– Etienne Grandmont, député de QS
« Comme l’a dit Bernard Drainville : “Christine [Fréchette] propose de tuer le troisième lien en mettant des conditions impossibles.” Aujourd’hui, elle présente ses conditions de mort. »– Éric Duhaime, chef du PCQ
– Charles Milliard, chef du PLQ
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1 week ago
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