Deux ans après avoir survécu à une violente attaque au couteau, un travailleur étranger qui avait quitté la Tunisie pour offrir une meilleure vie à sa famille se retrouve avec les séquelles de cette agression qui le prive de l’usage de sa main.
« Moi, je suis venu travailler pour ma famille, je rêvais d’un monde meilleur au Canada. Je me retrouve à être agressé et à devoir revenir chez moi avec les mains abîmées. Ce n’est pas juste », confie Abderrachid Ben Salem.
L’annonce du décès de son agresseur de 23 ans, Oussama Nouasse, battu à mort dans sa cellule de la prison de Bordeaux la semaine dernière, l’a convaincu de sortir du silence.
Le 28 juillet 2024, il se trouve dans un bar de Montréal lorsqu’il remarque un groupe de jeunes qui se disputent.
« C’était des gosses, je me souviens de lui, il était agité et se chicanait avec d’autres. Je leur ai seulement demandé de cesser leur chamaille », se remémore l’homme de 39 ans.
Mais l’intervention est mal reçue.
Des doigts coupés
Lorsque la foule se disperse, Oussama Nouasse se dirige vers lui, armé d’un couteau.
Des personnes l’avertissent juste à temps, de sorte qu’il puisse se retourner et se protéger.
« Il voulait me planter le couteau dans le cou, j’ai réussi à me défendre, mais il m’a trucidé les doigts », déplore le père d’une fillette de 3 ans et demi.
Pendant la lutte, les policiers arrivent et arrêtent Nouasse.
Le criminel était toujours en attente de son procès pour cette attaque lorsqu’il a été tué.
La victime a dû recevoir une quinzaine de points de suture à la main gauche.
Selon le rapport médical que Le Journal a pu consulter, il a subi des lacérations des nerfs digitaux des troisième, quatrième et cinquième doigts, lui causant des douleurs chroniques.
Une chirurgie reconstructive est grandement recommandée pour qu’il puisse récupérer l’usage complet de sa main.
Une attente qui s’éternise
Malgré cette recommandation, M. Ben Salem attend toujours que l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) autorise sa chirurgie, que ce soit au Canada ou en Tunisie.
Sans cette intervention, sa qualité de vie est grandement affectée.
Pour cet homme qui a toujours gagné sa vie grâce au travail manuel, l’inquiétude pèse sur son avenir.
Entre-temps, son permis de travail est arrivé à échéance et n’a pas été renouvelé malgré ses tentatives. Il a dû quitter le Québec en juin 2025 pour retourner en Tunisie, où il tente tant bien que mal de reprendre le cours de sa vie.
« Je travaille dans la rénovation mécanique ici, alors qu’au Québec, j’étais dans une industrie de plastique. C’était plus facile pour moi », insiste-t-il.
Et encore aujourd’hui, son hypervigilance le suit.
« Il y a des fois où je rêve encore de lui. Je rêve que la porte de ma chambre est ouverte et qu’il entre pour me faire du mal. Je me rappelle très bien son visage et sa coupe de cheveux », admet-il.
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1 week ago
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