Il y a 20 ans, un tireur fou marquait le Québec au fer rouge en ouvrant le feu dans le Collège Dawson. Une vingtaine de personnes ont été blessées et Anastasia De Sousa, 18 ans, a été tuée. Famille, amis et survivants racontent comment ils ont trimé dur pour se reconstruire, pendant que la police mettait les bouchées doubles pour apprendre de ses erreurs.
Adolescent, James Santos a vu son amie mourir sous ses yeux, en plus d’être pris comme bouclier humain pendant la fusillade du Collège Dawson. Vingt ans plus tard, il est devenu policier et se tient prêt chaque jour à affronter des hommes armés comme celui qui a bouleversé sa vie.
« J’ai vu comment les policiers ont travaillé comme une équipe. Comment ils étaient les premiers sur les lieux et ont tout fait pour aider et sauver des citoyens et comment ils m’ont géré moi-même comme témoin », relate James Santos.
À l’époque, il jonglait avec l’idée de devenir pompier ou policier. Mais ce qu’il a vécu le 13 septembre 2006 lui a donné les réponses qu’il cherchait.
Son amie Anastasia De Sousa a été atteinte par balle sous ses yeux, en pleine heure du dîner, par un tireur fou.
« J’essaie quand même de lui parler, de lui expliquer que je suis là à côté d’elle, que tout va bien aller, que je ne quitterai pas », se souvient-il.
À travers le chaos, M. Santos a été pris en otage. Le tueur, traqué par les policiers, avait besoin de son aide pour naviguer sur le campus.
« Il a continué à tirer, [...] j’ai réalisé que ce n’était pas vers moi. [...] Il m’utilise comme un bouclier parce que les policiers au troisième étage ne pouvaient pas tirer vers lui », décrit le survivant.
Le cauchemar de James Santos s’est arrêté quand le policier Denis Côté a atteint le tireur, qui s’est ensuite enlevé la vie.
Sortir de l’isolement
L’étudiant n’était plus le même après la tragédie. Il s’en voulait de ne pas avoir ramené son amie, en vie, à ses parents.
« Maintenant que je suis papa, j’y pense un peu plus, mais j’ai toujours dit que les parents d’Anastasia sont des boucliers. Ils sont extrêmement forts », souligne l’homme de 37 ans.
À l’époque, James Santos s’est isolé chez lui dans sa chambre avec des jeux vidéo, évitait les endroits bondés de monde et même les films d’action.
« Ce n’était pas vraiment mon caractère, mon caractère, c’était plus de sortir avec mes amis et faire du sport », illustre-t-il.
Déterminé à remettre sa vie sur les rails, James Santos est brièvement retourné sur les bancs d’école pour redorer ses résultats scolaires.
- Écoutez le balado du Journal « Histoires de crimes » sur les 20 ans de la fusillade de Dawson :
La poudre de canon
Il s’est joint à l’infanterie dans l’armée en 2009, car il voulait apprendre à bien agir sous pression. Il l’a quittée en 2023, des années après avoir lancé sa carrière de policier.
« La première fois que j’ai tiré avec une arme à feu. L’odeur de la poudre de canon, ça m’a remis dans la situation de Dawson », cite en exemple M. Santos.
Le trentenaire, patrouilleur à la police de Montréal depuis presque neuf ans, était surtout conscient qu’il allait côtoyer de près la violence armée.
« Souvent, il va y avoir des appels qui rentrent disant qu’il y a possiblement un individu avec une arme à feu », fait-il valoir.
Plus encore, ce ne pourrait être qu’une question de temps avant qu’un autre tueur cherche à terroriser la population.
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2 days ago
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