Entre égards et fermeté: l’impression d’un froid plane entre Trump et Macron

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Quoi de mieux que Versailles pour éblouir Donald Trump ? Emmanuel Macron, satisfait de son G7 à Évian, le reçoit mercredi soir pour un dîner sous les ors du château, conclusion fastueuse d’un déplacement lors duquel le président américain s’est montré particulièrement accommodant. 

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Si la séquence n’est donc pas encore totalement clôturée, le dirigeant français a commencé à se réjouir. Il a loué, lors d’une conférence de presse, ses échanges avec Donald Trump.

« J’ai toujours eu confiance, pour ma part, dans le président Trump », a-t-il assuré.

Donald Trump et Emmanuel Macron au sommet du G7, en France.

Donald Trump et Emmanuel Macron au sommet du G7, en France. AFP

« Quand nous avons des désaccords, nous les assumons. Mais quand il s’est engagé vis-à-vis de nous, il a toujours fait ce à quoi il s’engageait », a-t-il dit de ce président pourtant connu pour ses changements d’humeur.

Réputé, aussi, pour son goût des dorures. Et c’est donc le château de Versailles, près de Paris, qui a été choisi pour le recevoir lors d’un dîner célébrant les 250 ans de l’indépendance américaine.

L’Élysée fait valoir qu’il s’agit d’un « haut lieu de l’amitié franco-américain », où un traité avait été signé en 1783. Mais le château du Roi-Soleil, c’est aussi « du lourd », a admis lui-même le 47e président des États-Unis. « Versailles, c’est pas du plaqué or ».

Pour qu’il en prenne toute la mesure, il sera reçu par Emmanuel Macron et son épouse pour une visite de la Galerie des Glaces, un concert dans la chapelle royale et un passage par une galerie consacrée à la guerre d’indépendance des États-Unis, avant un dîner servi dans la Galerie basse.

Une trentaine de personnes sont conviées, notamment des représentants de l’administration américaine, du gouvernement français et du monde économique.

« Pas un dîner de gala »

Pour Emmanuel Macron, il s’agit de mettre les petits plats dans les grands sans en faire trop, au risque d’être accusé de complaisance avec le président américain.

Ses opposants lui reprochent déjà d’avoir organisé ce dîner « en grande pompe », avec un important dispositif de sécurité, pour complaire au milliardaire républicain. « Il faut définitivement apprendre à vivre sans Trump », a protesté le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon.

« Ce n’est pas un dîner de gala », a répondu lundi le chef de l’État.

Mais il fallait quand même s’assurer que le président américain, qui goûte peu les grandes réunions multilatérales et avait quitté prématurément le G7 canadien l’an dernier, resterait cette fois jusqu’au bout du sommet d’Évian.

« N’ayons pas honte de ce que nous sommes. Versailles est un instrument diplomatique et un instrument de puissance », a dit Emmanuel Macron, jugeant que le rôle de la France était aussi de savoir « honorer ses invités ».

« Si je n’avais pas tenu de manière constante les positions qui ont été les miennes durant les derniers mois, vous pourriez avoir un doute sur les rapports de force. For sure », a affirmé Emmanuel Macron mercredi.

Mais « je n’ai jamais été ambigu ni faible », a-t-il dit.

Donald Trump, en retour, n’a pas toujours été tendre avec son homologue français, qu’il côtoie depuis dix ans.

Sur le plan personnel, la relation franco-américaine s’était sérieusement refroidie ces derniers mois. Les coups de griffes à l’égard du Français, moqué en présidant en fin de mandat, avaient connu leur apogée quand le républicain était allé jusqu’à s’amuser de la vie conjugale d’Emmanuel et Brigitte Macron.

Avant d’arriver au sommet d’Évian, il a menacé d’assommer le vin français de droits de douane de 100 % si la France ne retire pas une taxe sur les géants de la tech.

Mais Donald Trump n’a finalement pas remis le sujet sur le tapis. Les Européens semblent globalement satisfaits de leurs échanges avec lui, notamment sur l’Ukraine.

En conclusion du sommet, que Donald Trump a jugé « extrêmement réussi », il a même multiplié les compliments à l’égard du dirigeant français, qualifié d“« ami spécial » et d”« homme très gentil », et de Brigitte Macron, « une personne fantastique ».

À en croire Emmanuel Macron, c’est aussi là l’intérêt de ces sommets, qui offrent l’occasion d’arrondir les angles en sortant du « conflit constant » par tweet interposé.

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