Washington a annoncé vendredi le retrait de 5000 soldats américains d’Allemagne. Cette décision survient après que Donald Trump a envisagé de réduire la présence militaire américaine dans le pays, à la suite de propos du chancelier Friedrich Merz qui ont suscité sa colère. Selon un analyste, le moment choisi pour cette annonce envoie un signal clair à Berlin.
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Deux éléments doivent être distingués dans ce dossier : les sautes d’humeur de Donald Trump et les ambitions stratégiques à long terme des États-Unis, explique l’analyste politique Georges Mercier.
« En décembre dernier, la Maison-Blanche a publié sa nouvelle stratégie de défense nationale. Qu’est-ce que cette stratégie-là prévoyait ? Et bien qu’à terme, les Européens prennent une part plus importante des responsabilités de leur propre défense », a-t-il souligné sur les ondes de LCN, samedi.
Dans ce contexte, le retrait de troupes d’Europe n’a rien de surprenant et s’inscrit dans la continuité de la stratégie annoncée par Washington. Toutefois, le choix d’annoncer le retrait des 5000 soldats précisément ce week-end n’est pas anodin, selon M. Mercier.
« Pourquoi maintenant ? Et là, ce serait difficile d’expliquer ce retrait-là pour d’autres raisons que le fait que Donald Trump s’est senti humilié, manifestement piqué par les déclarations du chancelier allemand », a-t-il fait valoir.
Le chancelier Friedrich Merz avait affirmé lundi dernier que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
« Ça n’a certainement pas été bien accueilli du côté de la Maison-Blanche », a ajouté l’analyste.
Des chiffres à nuancer
Même si les autorités allemandes ont peut-être sous-estimé la réaction du président américain aux propos de leur chancelier, le retrait des 5000 militaires demeure relativement limité.
« Il faut dire que les Américains ont quand même environ 80 000 soldats en Europe et qu’en Allemagne seule, il y en a déjà 36 000. Ce n’est pas une réduction monstre non plus du nombre de troupes qu’ils ont là-bas », a expliqué Georges Mercier.
Bien que le nombre de soldats concernés ne soit pas considérable, la décision envoie tout de même un message politique clair à l’Allemagne.
« “Écoutez, vous devez faire preuve de plus de respect, de plus de soutien envers nous, considérant l’ampleur des troupes qu’on a chez vous”. Mais ce n’est pas un retrait unilatéral et gigantesque, d’autant plus que le président américain doit maintenir environ 75 000 soldats légalement en Europe, à peu près tout le temps », a-t-il précisé.
Un signal à la Russie
La présence militaire américaine en Allemagne revêt à la fois une importance stratégique et symbolique, souligne Georges Mercier, rappelant que les États-Unis y sont établis depuis la Seconde Guerre mondiale.
« C’est là qu’ils ont leur principale base aérienne en Europe, la base de Ramstein, base qui leur permet d’ailleurs d’aller frapper au Moyen-Orient et qui est absolument vitale pour la capacité des Américains de projeter leur puissance partout dans le monde », a-t-il indiqué.
Selon lui, il reste toutefois incertain que les États-Unis aient un avantage stratégique à retirer des troupes d’Europe. Une telle décision pourrait néanmoins envoyer un potentiel signal à la Russie.
« De dire : “Nous ne sommes plus si convaincus que nous voulons défendre l’Europe, donc on prend le risque de retirer des soldats”. Et ça, à Moscou, on l’accueille avec vraiment beaucoup d’enthousiasme », a-t-il conclu.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.
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