Chaque semaine, le chroniqueur économique Pierre-Olivier Zappa répond aux questions touchant la consommation et les finances personnelles.
QUESTION
« On a un gros été de planifié : une semaine dans le Maine en couple, puis un saut en France au mois d’août. Le dollar canadien est au plus bas depuis plus d’un an. Devrait-on s’inquiéter pour notre budget ? Et qu’est-ce qui s’en vient ? » – Sophie Lévesque
RÉPONSE
Sophie, je vais être franc. Votre plus gros souvenir de voyage cet été, ce sera peut-être votre relevé de carte de crédit.
Cette semaine, le huard a touché son plus bas niveau en 14 mois. Un dollar canadien ne vaut plus que 70¢ US. Chaque 100 $ US dépensé de l’autre côté de la frontière vous coûte donc 141 $ bien de chez nous.
Aux États-Unis et en Europe
Faisons le calcul. Cette chambre d’hôtel à 200 $ US la nuit ? Préparez 283 $ CA. Le souper à 80 $ US pour deux ? 113 $. Cette « taxe invisible » de 40 % s’applique à tout : essence, repas, crème solaire...
En Europe, c’est pire : le huard est à son plus bas face à l’euro depuis 2009. Ce café à 4 euros au comptoir d’un bistro ? Près de 7 $ CA.
Pensez-vous y échapper en restant à la maison ? Pas si vite ! Une grande partie de notre épicerie est importée et payée en dollars américains : légumes de Californie, bœuf, café, cacao. Quand le huard baisse, ça coûte plus cher dès le débarquement, avant même d’arriver sur les tablettes.
Pourquoi ?
La grande coupable, c’est la Réserve fédérale américaine. En durcissant le ton la semaine dernière, elle laisse entendre que les taux pourraient remonter chez nos voisins. L’argent de la planète se rue alors vers les obligations américaines, qui rapportent davantage.
L’écart de taux atteint 137 points de base, un sommet depuis mai 2025. S’ajoutent l’incertitude entourant l’accord de libre-échange et la chute du pétrole sous les 76 $ le baril.
Ça va remonter ?
Ne retenez pas votre souffle. Ces jours-ci, presque tous les experts s’attendent à ce que notre dollar baisse encore.
Mais un huard faible, ce n’est pas que du mauvais ! Nos exportateurs sont aux anges. Vendre en dollars américains tout en payant ses employés en dollars canadiens, ça gonfle les marges. Le tourisme aussi !
Pour un Américain, le Québec est en solde à 30 %. Nos hôtels et nos festivals attirent les visiteurs étrangers. Et pour vous, c’est le meilleur argument pour un road trip en Gaspésie plutôt qu’à Orlando... votre argent reste ici.
Trois trucs pour votre budget de voyage
- Au terminal de paiement à l’étranger, choisissez la devise locale, ne demandez jamais de convertir en dollars canadiens. Le taux du commerçant est souvent gonflé.
- Utilisez une carte de crédit sans frais de conversion. Ça vous fait épargner environ 2,5 % sur chaque achat.
- Achetez vos devises à l’avance et évitez le comptoir de l’aéroport, où les taux sont les pires.
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1 week ago
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