Poussés notamment par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, plusieurs travailleurs ont recours au Botox, ainsi qu’à toutes sortes d’injections et de greffes pour améliorer leurs chances lors d’un entretien d’embauche.
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Ce phénomène, rapporté par plusieurs médias dont le Business Insider et La Presse, préoccupe les spécialistes en ressources humaines.
Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH, constate, elle aussi, que plusieurs candidats s’injectent du Botox afin d’avoir l’air plus jeune et énergie en entrevue.
Généralement, cette stratégie est très facilement perceptible.
« Ils veulent nous dire : “je suis en forme, je suis énergique, je suis de bonne humeur, je ne suis pas fatigué”. C’est ça qu’ils veulent nous le dire », a souligné Mme Boilard en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal, jeudi.
Les candidats veulent non seulement projeter une image de jeunesse et d’énergie, mais ils vont également l’appuyer avec leurs commentaires.
« Souvent, ils sont très rapides, quand on leur demande comment ça va, pour nous dire quelque chose du type “ça va très bien aujourd’hui, je viens de faire mon petit jogging matinal, je suis de bonne humeur”. Alors ils veulent nous dire qu’ils sont en santé », explique la spécialiste en ressources humaines.
Ce phénomène remet à l’avant-plan l’idée voulant que les plus belles personnes ont plus de chances d’être embauchées, déplore Annie Boilard.
Les biais inconscients des employeurs créent une prédisposition cérébrale à se sentir à l’aise avec une personne qui nous ressemble ou qui a une belle apparence.
« C’est pour ça qu’il faut faire attention, qu’il faut objectiver nos processus de recrutement. Souvent en RH, on est formé puis on est informé de tout ça, mais il y a beaucoup de processus au Québec qui se font dans de petites PME. Le petit garagiste du coin, il n’a pas un spécialiste RH à ses côtés. Alors là, les gens risquent de tomber dans ce piège », prévient la présidente du Réseau Annie RH.
Un passage obligé ?
Ce phénomène se voit surtout pour les postes de direction et les mieux rémunérés, où la compétition est plus grande.
Dans de nombreux secteurs, une telle stratégie n’a pas de raison d’être, croit cependant Annie Boilard.
« Il ne faut pas que les gens pensent qu’ils ont besoin de faire ça, parce que ce n’est pas ça la réalité, mais on comprend cette pression-là », exprime-t-elle.
Cette dernière croit que la responsabilité revient principalement aux employeurs et au gouvernement à freiner cette tendance.
« Ça me décourage un peu de nos entreprises [...] Nous, en ressources humaines, on a beaucoup investi dans les dernières décennies en tous nos programmes qu’on appelait EDI, Équité, diversité, inclusivité. On a travaillé fort pour que les gens se sentent à l’aise d’être eux-mêmes dans nos équipes de travail, puis justement ne pas tomber dans nos biais inconscients. Puis là je regarde ça, je fais " Oh my God! " Ce n’est pas un constat d’échec sur nos politiques, mais on va s’entendre que ce n’est pas un couronnement de succès non plus », affirme Annie Boilard.
« Ça nous dit qu’il reste beaucoup de boulot sur la planche parce que si les gens sentent le besoin d’avoir recours à du Botox, bien, ils ne sentent pas tant que ça la possibilité d’être pleinement eux-mêmes au travail », ajoute-t-elle.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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1 week ago
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