Des entreprises de ramassage sont dépassées par les nombreux appels provenant souvent de nouveaux locataires qui doivent se débarrasser des meubles et des déchets laissés derrière par les précédents occupants.
« C’est assez intense, c’est pire qu’à l’habitude à ce moment-ci de l’année. Parfois, c’est même décourageant de voir la quantité de meubles qui s’accumulent », lance Loup Arseneault, copropriétaire de l’entreprise SOS Recycle.
Rebuts dans la cour arrière, meubles abandonnés dans la maison qui vient d’être vendue, lits abandonnés sur le bord de la route : cette période de déménagement est encore plus chargée que par les années précédentes.
« On reçoit 150 % plus d’appels qu’à l’habitude. On est à pleine capacité et toutes nos équipes sont sur le terrain », ajoute Félix Séguin, copropriétaire de SOS Recycle.
Un nouveau phénomène observé cette année, ce sont des appels faits par de nouveaux propriétaires qui doivent faire ramasser des meubles et des déchets laissés derrière par les précédents occupants.
« Il y a beaucoup d’appels pour des locataires qui quittent en laissant des meubles derrière. On reçoit beaucoup d’appels en ce sens actuellement », constate Gabrielle Fortin, qui est répartitrice et qui s’occupe du service client chez Recy-Récolte.
Selon l’entreprise SOS Recycle, le coût de la vie aurait un impact direct sur la hausse de meubles laissés derrière par des locataires ou des propriétaires qui s’en vont.
« Les moyens ont changé, il y a beaucoup de gens qui laissent des items derrière eux plutôt que de payer une entreprise de professionnels pour libérer les lieux », constate M. Séguin.
Débordements
À Drummondville, un organisme sans but lucratif qui s’occupe de récupérer des meubles estime que le temps d’attente pour ce service est actuellement d’un mois.
« Ça déborde de partout chez nous, il y a malheureusement beaucoup de gens qui perdent leur logement et qui doivent rapidement se débarrasser de biens », a commenté Jean-Yves Renaud, directeur de Ressourcerie Transition.
Plusieurs personnes en profiteraient aussi pour laisser des quantités phénoménales de gros déchets au bord des rues pour éviter les frais.
« Je pense que les gens vont davantage profiter des collectes des encombrants, c’est vraiment impressionnant de voir tout ce qui est abandonné, c’est pire que par les années précédentes », ajoute M. Séguin.
À Montréal, ce sont en moyenne 37 000 tonnes de déchets, résidus et encombrants qui sont ramassées chaque mois en bordure de rue. Durant la période des déménagements, de juin à août, ce volume grimpe d’environ 12 %, soit 4500 tonnes supplémentaires chaque mois.
Matelas, divan abîmé et articles pour faire le ménage ne sont que quelques exemples des nombreux objets qui se retrouvent à la rue. Une quantité importante d’encombrants ont été laissés derrière au lendemain des déménagements dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Photo MARIANNE LANGLOIS
La mairesse Soraya Martinez Ferrada se donne une bonne semaine pour ramasser les détritus qui jonchent les rues.
« À Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, ils ont des équipes supplémentaires qui ne font que ça, la tournée des rues. Ville-Marie, on a quinze cols bleus de plus qui ne font que ça », a-t-elle dit.
Les citoyens contrevenants qui abandonnent des encombrants s’exposent à des amendes entre 250 $ et jusqu’à 1000 $ pour des cas de récidive.
– Avec Anouk Lebel
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