Une locataire montréalaise dénonce que la gestionnaire de l’immeuble où elle habite lui ait demandé quatre mois de loyer à l’avance, soit près de 5000 $, afin d’utiliser un ascenseur pour déménager du 16e étage.
« C’est hallucinant ! Ils ont bloqué le gros ascenseur, ils m’ont refusé l’accès si je ne payais pas mon loyer jusqu’en décembre. [... ] Ils s’en foutent du monde, sinon ils penseraient à nous faciliter la vie », fustige Sophia Ivanova.
La jeune femme au début de la vingtaine paie 1200 $ de loyer par mois pour son appartement du Westmount Square, dans le centre-ville de Montréal, dont le bail se termine le 1er décembre.
Elle a payé son loyer du mois de juillet, n’ayant encore trouvé personne à qui céder son bail, mais a décidé de déménager avant, pour économiser sur le camion de location.
« Je ne pensais pas que ça causerait problème. C’est sûr que je vais payer les loyers suivants si je ne trouve personne, je suis légalement obligée de le faire », affirme-t-elle.
Un cauchemar
Quatre mois de loyer équivalent à 4800 $, une somme énorme pour la jeune vingtenaire qui cumule deux emplois pour joindre les deux bouts.
Elle explique avoir tenté de convaincre la gestionnaire de l’immeuble de lui donner accès à l’ascenseur pour les gros objets, mais en vain.
« J’ai tenté de lui expliquer que j’ai quelqu’un qui vient visiter demain et que ça va être plus facile de louer si l’appartement est vide. Elle refusait de m’ouvrir la porte de l’ascenseur de déménagement et n’arrêtait pas de demander ma nouvelle adresse », dit-elle.
Elle s’est résignée à prendre l’un des ascenseurs pour tout le monde pour descendre ses choses du 16e étage.
« C’était un cauchemar, ça a pris le double du temps. Il fallait attendre l’autre ascenseur et attendre que le monde sorte. Les portes se fermaient aux trente secondes », raconte-t-elle.
Illégal
Ce type de pratique est un abus de droit, selon l’avocat Daniel Crespo Villarreal.
« C’est absolument illégal », affirme le professeur de droit du logement à l’Université du Québec à Montréal.
Il rappelle que le Code civil interdit aux locateurs de demander un loyer à l’avance, sauf pour le premier mois.
Il n’a pas pu dire à quel point ce type de pratique après un départ hâtif était fréquent.
Jointe au téléphone, la gestionnaire de l’immeuble, Elena Chen, a redirigé Le Journal vers la compagnie propriétaire, Investissement Creccal.
La réceptionniste a transféré l’appel au gestionnaire des baux, Giancarlo Messercola.
« Je gère les loyers commerciaux, trouvez la bonne personne, je n’ai rien à vous dire », a-t-il dit avant de raccrocher.
Le Journal a rappelé à la réception ; la réceptionniste a coupé la ligne.
Au moment d’écrire ces lignes, personne de la compagnie n’avait répondu à nos courriels.
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