La levée de la taxe provinciale du Manitoba sur le prêt-à-manger à l’épicerie devrait inspirer le Québec à légiférer pour éliminer la taxation des aliments, estime un expert.
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À compter du 13 juillet, la province des Prairies abolira sa taxe de 7 % sur les produits alimentaires emballés et les plats préparés dans l’ensemble des épiceries, marchés alimentaires et dépanneurs.
L’équipe du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie avait recommandé une telle mesure au gouvernement du Manitoba, mais aussi à l’équipe de Christine Fréchette avant que celle-ci ne soit élue cheffe de la CAQ et qu’elle devienne par le fait même première ministre du Québec.
« Je ne comprends pas pourquoi on taxe la nourriture à l’épicerie », s’est exclamé le directeur du laboratoire, Sylvain Charlebois, en entrevue à LCN.
L’idée véhiculée selon laquelle c’est uniquement la malbouffe qui est taxée à l’épicerie est fausse, clame le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
« Quand on regarde, par exemple, le comptoir du prêt-à-manger... Qui va là ? Ce sont les gens qui vivent seuls, les personnes âgées aussi qui ne peuvent pas ou ne veulent pas cuisiner », souligne M. Charlebois.
À l’instar du Manitoba, le Québec a l’avantage de ne pas avoir une taxe harmonisée avec le fédéral ; il doit donc utiliser cette situation pour éliminer cette taxe sur le prêt-à-manger, soutient l’expert.
« Ça enlèverait vraiment 9 % pour plusieurs ménages. Alors, je ne comprends pas pourquoi qu’on taxe encore le prêt-à-manger à l’épicerie », martèle Sylvain Charlebois.
Réduflation
Ce dernier dénonce aussi la taxation sur plusieurs aliments touchés par la réduflation.
« Il y a beaucoup de produits qui n’étaient pas taxés, mais puisqu’on a réduit la quantité, ces produits-là sont maintenant taxables, indique-t-il. Alors c’est pour ça qu’on se pose des questions sur les lois fiscales et pourquoi ne pas enlever cette taxe-là ? C’est, comme on dit en bon français, un no-brainer pour un gouvernement pour justement aider les familles immédiatement ».
Un autre exemple de taxation qui dérange est celui du poulet chaud vs le poulet froid. Le poulet entier vendu chaud est taxable, alors que les pièces de volaille dans les réfrigérateurs des épiceries ne le sont pas.
« Les règles fiscales [...] c’est tellement un pêle-mêle, lance Sylvain Charlebois. Quand on lit le livre pour ce qui est des règles fiscales, on réalise qu’ils ont fait un effort substantiel pour rendre les choses compliquées ».
Ce dernier mentionne aussi l’exemple des muffins qui peuvent être taxables ou pas, selon la quantité contenue dans un emballage.
« C’est le même muffin, c’est juste la façon que le muffin a été emballé [...] C’est vraiment bizarre. Les bars granola c’est la même chose, puis les collations pour les enfants, souvent les parents achètent des collations, des bars granolas pour collations et on taxe les parents parce qu’ils achètent des bars granolas parce qu’il y en a moins dans une boîte. C’est complètement ridicule », déplore le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
Sylvain Charlebois espère que les gouvernements décideront d’étudier en profondeur cette situation afin de mieux soulager le portefeuille des consommateurs.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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