Le grand chantre de MAGA, Donald Trump, semble vraiment obsédé par la question cubaine, et ce n’est certainement pas pour des considérations humanitaires. Dans son délire de conquête, il pense pouvoir réaliser un tour du chapeau, pour reprendre une expression propre au hockey, avec le Venezuela, l’Iran et Cuba. Si dans le premier match, il croit avoir gagné la partie l’opposant au Venezuela — bien que les choses ne sont pas encore bien définies du côté andin —, les deux autres matchs apparaissent plus coriaces. L’Iran, que l’empereur croyait pouvoir écraser, détruire, pulvériser, réduire en cendres et ramener à l’âge de pierre dès la première période, est loin d’être vaincu et la deuxième période s’annonce très chaude.
Pour Cuba, capitaine Crochet, le nouveau pirate des Caraïbes, applique, pour l’instant, une autre stratégie que l’affrontement direct. En fait, ça fait plus de 60 ans qu’on s’acharne sur la plus grande île des Caraïbes, qu’on tente de l’asphyxier, de la clouer au sol, de l’affamer, de l’humilier à l’aide de sabotages, d’attentats, de blocus économique, de persécutions financières, de campagnes de calomnies et de fausses nouvelles, d’obstructions systématiques de toutes sortes. On joue actuellement en période supplémentaire, car le compte est toujours 0 à 0. Si Cuba peut se vanter d’une victoire morale pour avoir su résister à toute cette furie, malgré son manque de ressources et son infériorité numérique par rapport à la forteresse du nord — on a vraiment affaire ici à un combat à armes inégales, à un duel entre David et Goliath —, Trump prétend toujours, dans son orgueil démesuré qui va le mener à la défaite, incorporer Cuba à son MAGA : make Cuba great again.
Mais où est donc son Amérique great again, est-on en droit de se demander ? Aux États-Unis, on compte plus de 650 000 sans-abri ; 44 millions de personnes se demandent chaque jour si elles auront de quoi manger ; 30 millions de personnes n’ont aucune assurance médicale et une simple hospitalisation signifie s’endetter pour de nombreuses années ; 38 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et 1 % de la population gagne plus que 90 % de la population ; 40 000 personnes meurent chaque année par une arme à feu et chaque semaine, on déplore dans les écoles des tueries et des fusillades ; 100 000 personnes meurent chaque année d’une surdose de fentanyl ; des villes entières manquent d’eau potable, comme la ville de Jackson au Mississippi ; les droits protégeant les travailleurs sont quasi inexistants ; sans parler du racisme toujours existant parmi les corps policiers.
Comme s’il passait ses nuits et ses jours à se décarcasser pour trouver de nouveaux plans machiavéliques pour tuer Cuba, Trump vient de décréter de nouvelles mesures afin de la bloquer encore davantage. Il est plus facile, de toute évidence, de s’acharner sur un ennemi déjà au plancher plutôt que sur une puissance militaire moyenne qui a surpris tout le monde par sa capacité de réponse à ses attaques furieuses, comme cela se passe actuellement avec l’Iran.
Dans son délire belliqueux, il menace d’envoyer son plus grand porte-avions mouiller près des côtes cubaines, dans un geste évident de provocation. Il s’imagine sans doute que des milliers de Cubains vont se précipiter en mer pour s’approcher du porte-avions et demander de monter à bord. Comme il connaît mal le peuple fier et résilient de Cuba ! Ici, personne ne nie les difficultés, les immenses problèmes, les pannes de courant, les manques de toutes sortes. Tout le monde les subit, moi y compris. Mais la majorité de la population sait quelles sont les causes de ces difficultés : le blocus qui perdure depuis 60 ans.
En trois mois, un seul pétrolier est entré à Cuba, alors qu’il en faudrait environ huit par mois pour couvrir tous les besoins. Cette pénurie de combustible n’affecte pas le gouvernement et ses fonctionnaires, elle affecte principalement la population, les hôpitaux et polycliniques, les maisons d’enseignement, les commerces, les usines, le commerce, le boulanger du coin, le frigidaire de ma voisine, où elle garde l’insuline de son enfant.
Mais, comme on dit à Cuba, no hay mal que por bien no venga! (à quelque chose, malheur est bon). Ces mesures coercitives ont obligé les Cubains à trouver des solutions. On vient de réussir, avec le pétrole cubain, qui est difficile à raffiner en raison de son haut taux de soufre, à fabriquer du diesel et du naphta, ce qui est un grand pas dans le nécessaire raffinage du pétrole extrait le long des côtes menant à Varadero. Y a de l’espoir !
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1 week ago
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