À chaque attentat visant des élus aux États-Unis, la même question revient, lancinante : comprendra-t-on un jour que la polarisation nourrit la radicalisation, et que la radicalisation finit par ouvrir la porte à la violence ?
On l’a vu lors des tentatives contre Donald Trump en 2024. On l’a vu dans l’assassinat de Charlie Kirk. Et on l’a encore entrevu, de manière presque irréelle, lors du dernier dîner des correspondants à la Maison-Blanche.
Que venait faire Donald Trump à ce dîner ? Rien qui ressemble à un geste d’apaisement. Tout indiquait un règlement de comptes : médias « menteurs », « incompétents », « nullards ». Une démonstration de mépris assumé, loin de la retenue qu’impose pourtant la fonction.
Et puis, l’imprévu. Un attentat déjoué. En quelques minutes, le ton change. Dans la salle de presse, le président adopte un registre qu’on lui connaît peu : appel à l’unité, à la responsabilité, réponses posées aux journalistes. Comme si, face au vertige de la violence, le pouvoir retrouvait brièvement le sens de la mesure.
Mais ce moment n’a pas tenu.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Salle de bal
À peine quelques heures plus tard, le naturel est revenu au galop. L’événement, grave, inquiétant, devient prétexte. Preuve, selon lui, qu’il faut construire une salle de bal à plusieurs millions de dollars à la Maison-Blanche. La récupération est rapide, presque mécanique. Le réflexe politique l’emporte sur la gravité du moment. Du Trump pur jus.
On n’est pas dans l’introspection, dans l’analyse du climat politique délétère, on n’appelle pas à ce que tous, républicains, démocrates, politiciens et médias cessent la division, la polarisation, le spectacle. Non. La salle de bal et ses dorures deviennent la réponse à l’événement tragique.
Violence
Tout est aspiré, digéré, recyclé dans une logique partisane, même l’évidence qui devrait nous arrêter collectivement : à force de jouer avec le feu des mots, certains finissent par manier celui des armes.
La violence politique ne surgit pas de nulle part. Elle est le point d’aboutissement d’un climat. Et tant qu’on refusera d’en assumer la responsabilité, elle continuera de rôder.
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5 days ago
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