La coalition de détaillants qui dénoncent l’impact de la Loi protégeant les consommateurs sur le prix des électroménagers affirme aussi que le Québec n’a pas les moyens de ses ambitions en matière de réparabilité.
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La main-d’œuvre ne serait tout simplement pas au rendez-vous.
« Je travaille avec 175 centres de service au Canada qui ont tous des difficultés à répondre à la demande actuelle en raison d’un manque de techniciens », plaide Anthony Amiel, PDG du Groupe Amiel, qui possède les magasins Corbeil.
« Aujourd’hui, à la demande du marché, les produits sont hypertechnologiques. La loi parle de délais raisonnables pour la réparation, mais nous sommes incapables d’y arriver actuellement. Ça ne changera pas dans six mois », estime Fanny Beaudry-Campeau, directrice des communications chez Tanguay.
Pire encore, sur un objectif de formation de 35 réparateurs d’appareils électroménagers par année au Québec, il y a eu un déficit de 15 à 19 personnes par cohorte de 2021 à 2024 selon les chiffres de juin 2025. Rien pour mettre un terme à la pénurie de travailleurs.
Plans caducs
L’impact de la dernière phase de la loi, qui amènera les fabricants à inclure une garantie prolongée, se fera aussi sentir sur les plans de protection offerts par les détaillants et la rémunération des conseillers.
« Les plans offrent plus qu’une garantie prolongée, ça peut aller à une assurance sur les aliments, une protection sur les surtensions, l’entretien », soutient M. Amiel.
« Nous donnons un crédit au client qui ne l’utilise pas. Mais maintenant le client n’aura plus le choix de choisir s’il veut une garantie complète ou pas. Et si le technicien au bout de trois ans estime qu’une panne dépend d’un défaut d’entretien, j’ai l’impression que le client va devoir payer. Avec un plan de protection une chance est donnée au consommateur », avance Martin Perreault, vice-président JC Perreault.
Enjeu électoral
Les futures règles ne passent pas non plus auprès de l’Association de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).
« Le 5 octobre est encore loin, une campagne électorale s’amorcera, et nous allons nous battre pour que le règlement soit révisé », lance Richard Darveau, président de l’AQMAT.
« On impose une garantie prolongée intégrée au prix sans tenir compte de la réalité d’un marché où le prix fait loi. Résultat prévisible, des hausses de prix à imposer aux consommateurs, une perte de compétitivité et un déplacement des achats vers d’autres provinces, les États-Unis ou des plateformes comme Amazon », ajoute-t-il.
L’association de M. Darveau demande aussi un moratoire.
« Nos entreprises et notre association soutiennent les voeux de la loi, aspirent à plus de durabilité, plus de réparabilité, mais si on affaiblit les commerçants d’ici, on ne va pas mieux protéger les consommateurs », martèle-t-il.
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