Une hausse de recrues mal préparées inquiète l’armée canadienne

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OTTAWA | Des recrues plus vieilles, moins en forme, qui comprennent mal l’anglais et le français et qui s’intègrent difficilement à la culture militaire et canadienne : tel est l’envers de la médaille de la hausse du recrutement historique dans nos Forces armées. 

Le taux de réussite est en chute libre à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes de Saint-Jean, alors qu’il est passé à 77 %, selon un rapport interne confidentiel.

Historiquement, 85 % des recrues réussissent le cours de base.

Résidents permanents

Le rapport, rédigé par le lieutenant-colonel Marc Kieley, a été réalisé dans la foulée d’énormes changements apportés aux méthodes de recrutement visant à gonfler les rangs des Forces.

Dans les dernières années, Ottawa a ouvert la porte aux ressortissants étrangers, aux recrues souffrant de certaines conditions médicales, et on a abandonné des tests d’aptitude.

« Ces changements ont entraîné d’importantes transformations quant aux capacités de base des candidats et une pression croissante sur les instructeurs et le personnel » du collège de Saint-Jean, lit-on dans le rapport.

L’accueil de résidents permanents pose son lot de défis, particulièrement dans les cohortes francophones.

Certains pelotons étaient composés « de candidats ayant parfois aussi peu que trois mois de résidence au Canada, ce qui a entraîné un important choc culturel, puisque les candidats ne s’étaient pas encore acclimatés à la société canadienne, encore moins à la culture militaire canadienne », écrit M. Kieley.

Une cohorte francophone qui a obtenu un taux de réussite famélique de 48 % a été minée par des allégations de racisme et de conflits entre groupes culturels, notamment entre personnes du Cameroun et de la Côte d’Ivoire.

« Pour certains, c’était aussi la première fois qu’on s’attendait à ce qu’ils traitent les femmes comme leurs égales », souligne le lieutenant-colonel Marc Kieley.

Période de transition

Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a annoncé fin avril un record de recrutement après des années de vache maigre, avec 7310 nouveaux enrôlés.

Un porte-parole des Forces armées, Pascal Belhumeur, soutient que des changements ont déjà été apportés afin de répondre aux observations du lieutenant-colonel Kieley.

Des tests de langue ont notamment été ajoutés et un effort est fait pour limiter à 25 % le nombre de résidents permanents dans les pelotons.

Le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry s’inquiète tout de même des conséquences des nouvelles méthodes de recrutement.

« Ce n’est pas nécessairement un plan gagnant, croit-il. Quand vous recrutez n’importe qui, il y a de bonnes chances que vous allez éventuellement en mettre un paquet dehors, ou plusieurs d’entre eux vont entrer dans le système sans nécessairement avoir ce qu’il faut pour faire une carrière militaire. »

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