Une cérémonie d’assermentation du Conseil des ministres sans lieutenante-gouverneure

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Pour la première fois, les ministres d’un gouvernement du Québec seront assermentés sans la présence de la lieutenante-gouverneure, à la demande expresse de Paul St-Pierre Plamondon.

Le premier ministre péquiste, qui dévoilera mercredi la composition de son cabinet, poursuit sa croisade pour se débarrasser de la monarchie britannique.

« En toute cohérence avec les engagements sur la base desquels nous avons été élus, nous ne souhaitons pas que Madame la lieutenante-gouverneure soit présente lors de la cérémonie d’assermentation des nouveaux ministres », a-t-il écrit dans une lettre acheminée lundi à Manon Jeannotte.

Mais la représentante du roi Charles III est toujours, à ce jour, la seule à pouvoir procéder officiellement à la nomination du premier ministre et de son cabinet.

PSPP lui demande ainsi d’entériner les nominations des ministres de son gouvernement, malgré son absence durant le cérémonial.

« Il demeure toujours nécessaire que les actes de nomination du soussigné et des autres membres du Conseil exécutif portent votre signature, [donc] les actes de nomination sous le grand sceau du Québec vous seront transmis, afin que vous puissiez procéder auxdites signatures simultanément à la prestation de serment », stipule la missive.

Le premier ministre appelle à la « collaboration » de la lieutenante-gouverneure, au nom d’une démocratie « sans entraves » et du respect de la volonté des élus de l’Assemblée nationale.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Nouvel accroc à la tradition

Manon Jeannotte a accepté de se plier à la requête de PSPP, un nouvel accroc à la tradition. « La lieutenante-gouverneure suivra de son bureau la cérémonie, a précisé son porte-parole, Ian Préfontaine. Elle signera les serments au fur et à mesure qu’ils seront prêtés ». 

La semaine dernière, les députés péquistes ont choisi d’être assermentés sans se soumettre à la couronne britannique, une première pour les députés d’un gouvernement.

Les 40 élus libéraux ont fait de même lundi. Les solidaires et les conservateurs d’Éric Duhaime prévoient suivre la danse.

Une seule déclaration d’allégeance « envers le peuple du Québec » est permise depuis 2022, après que PSPP a boycotté l’assermentation.

Prochaine étape, la rentrée parlementaire

Mais le nouveau premier ministre veut aller encore plus loin. Il a déjà fait savoir que la lieutenante-gouverneure ne sera pas non plus la bienvenue à l’ouverture de la session parlementaire à l’Assemblée nationale.

PSPP a même demandé un avis juridique pour évaluer la possibilité de réallouer les budgets de la représentante du roi à d’autres fins, comme la lutte contre l’itinérance.

Mais une crise constitutionnelle pointe à l’horizon, selon un professeur de droit à l’Université d’Ottawa.

Lawrence David a déposé une demande d’injonction en Cour supérieure, au lendemain des élections québécoises, afin d’imposer le respect de la procédure prévue dans la Constitution canadienne.

Le Parlement pourrait ultimement être confronté à un ordre de la cour et bloquer l’accès aux élus qui n’auraient pas prêté serment à la monarchie britannique, selon le juriste.

Manon Jeannotte est aussi responsable de sanctionner toutes les lois adoptées par les parlementaires, un autre enjeu à venir pour le chef du gouvernement du PQ.

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