La députée de Chomedey à Laval vient de prendre une claque éthique au visage.
Non seulement Sona Lakhoyan Olivier aurait détourné des fonds publics pour financer la campagne de Pablo Rodriguez à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), mais elle a aussi dissimulé des preuves, ce qui a nui à l’enquête de la commissaire à l’éthique, qui a déposé son rapport sur le sujet jeudi.
La députée n’a plus de crédibilité. Elle qui accusait les médias d’avoir ni plus ni moins créé cette crise !
Petit rappel des faits de l’histoire qui a coûté le poste de chef à Pablo Rodriguez.
Novembre 2025, le bureau d’enquête du Journal publie une enquête explosive rapportant des textos laissant entendre que des personnes qui œuvraient à l’élection de Rodriguez auraient offert une somme d’argent, un « brownie », en référence au billet brun de 100 $, en échange d’un vote.
En parallèle, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale ouvre une enquête pour utilisation inappropriée de fonds de l’Assemblée nationale à des fins partisanes. Sona Lakhoyan Olivier est suspendue du caucus.
Elle assure avoir toujours « respecté les règles ».
Un autre rapport vide
Pour essayer de redorer son blason, le PLQ a commandé un rapport à un ancien magistrat qui se qualifie lui-même de « chien de chasse pas de dents ».
Les libéraux prétendaient même que le rapport remettait en question l’histoire des textos révélés par Le Journal.
Le rapport de la commissaire à l’éthique vient jeter un nouvel éclairage sur ce grossier exercice de relations publiques.
Selon la commissaire à l’éthique, Mme Lakhoyan Olivier a fait une manœuvre qui a eu pour conséquence d’effacer des textos, tenté d’influencer des témoignages, modifié des paramètres de confidentialité d’un canal de discussion pour empêcher toute personne d’enregistrer des images et d’exporter l’historique de la conversation.
La commissaire décrit « une conduite dépourvue de droiture, de convenance, d’honnêteté et de sincérité ».
Charles Milliard a pris la seule décision qui s’imposait : la mettre dehors. Mais il doit aller plus loin.
Le spectre des enquêtes UPAC et DGE plane toujours sur son parti, mais leur travail sera difficile si des textos envoyés sur des applications qui ne stockent pas les messages ont été effacés.
Il doit faire le ménage dans toutes les associations de circonscription pour s’assurer qu’il ne reste plus rien de cette culture.
Une question de confiance
À Québec, suffisamment de chemises ont été déchirées sur cette histoire.
J’aimerais conclure avec un peu de positif.
Nos institutions fonctionnent bien.
Le rapport rigoureux de la commissaire à l’éthique démontre le rôle crucial des médias dans notre société.
Sans bureau d’enquête, pas de révélations. Sans journalistes d’enquête, pas de commission Gomery, Charbonneau, Bastarache, Gallant...
On laisserait foisonner les pratiques douteuses et la corruption, et pas seulement en politique.
Les journalistes d’enquête ont révélé la fraude du sirop d’érable, les conséquences désastreuses du manque de procureurs, les faux certificats de secouristes pour les éducatrices... dans les dernières semaines.
Ce n’est pas l’algorithme de Meta ou de Grok qui va débusquer les scandales.
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1 week ago
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