Une des victimes d’un dangereux prédateur sexuel qui a été en cavale pendant de longues heures avant d’être finalement retrouvé est scandalisée que les autorités n’aient pas alerté la population plus tôt.
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« Je suis fâchée qu’on n’ait pas averti les gens d’être vigilants, j’espère qu’il n’a pas fait d’autres victimes », s’indigne une femme qui a été agressée par Gilles Tardif il y a près de 40 ans.
Elle avait 14 ans lorsqu’elle a croisé le chemin de celui qui se faisait appeler le « violeur aux gants noirs ».
Elle venait de rentrer chez elle avec une amie lorsqu’on a sonné à la porte. L’homme s’était fait passer pour un réparateur.
Lorsqu’il est entré chez elle, il a assommé les deux jeunes, les a attachées et agressées.
Mais le prédateur a été interrompu par l’arrivée des parents de l’adolescente.
Il avait réussi à s’enfuir.
« C’était le démon »
Des décennies plus tard, la femme se souvient encore de son troublant besoin de contrôle.
« C’était le démon, je n’ai jamais vu un regard comme ça, se souvient-elle. Il prenait plaisir à nous faire mal. »
Tardif avait été arrêté quelques mois après cette agression et avait été condamné à la prison à vie.
Entre février 1984 et juin 1985, il avait fait 37 victimes, la plupart des mineurs.
Gilles Tardif a depuis pu obtenir une libération conditionnelle et séjournait en maison de transition depuis juin 2025.
Sa fugue, mardi soir, a déclenché des recherches intenses en raison de sa dangerosité.
L’homme se serait empressé d’aller s’acheter du nouveau linge, a-t-on appris.
Gilles Tardif a finalement été appréhendé en avant-midi mercredi, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
En réponse aux questions du Journal mercredi avant son arrestation, le Service de police de la Ville de Montréal s’était contenté de dire qu’il prêtait assistance à Service correctionnel Canada. Aucun avis public n’avait toutefois été publié.
« Ce n’est pas normal que ce soit le journal qui avertit le public. Il fallait que les enfants à l’école soient protégés », s’est insurgée la victime maintenant âgée de 55 ans.
Choc post-traumatique
Cette dernière a beaucoup cheminé depuis l’agression. Malgré tout, elle affirme avoir ressenti des symptômes physiques dans les minutes suivant l’annonce de la cavale de son agresseur.
« On apprend à vivre avec, on est en construction, on croit que notre choc post-traumatique est guéri, puis on réalise que non », a-t-elle raconté.
Par ailleurs, Gilles Tardif n’a pas eu à contourner un grand système de sécurité pour s’évader, confirme le sergent détective à la retraite André Gélinas, qui a déjà été en prêt de service au Service correctionnel Canada.
« Les portes ne sont pas barrées, il n’a eu qu’à les ouvrir et partir », a-t-il expliqué.
Avec la collaboration d’Yves Poirier et Maxime Deland
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