Un des crimes ignobles du dangereux maniaque sexuel qui a été arrêté mercredi après une cavale de 16 heures est d’avoir traqué, enlevé et séquestré pendant deux jours une enfant d’à peine huit ans, en 1984.
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« En sortant de l’école, j’ai vu cet homme sur le coin de la rue, il connaissait mon nom de famille et d’autres renseignements sur moi, j’ai vraiment pensé que ma mère l’envoyait pour me chercher », a raconté au Journal Véronique Rocheleau, victime de Gilles Tardif.
Le maniaque sexuel a fait 37 victimes entre février 1984 et juin 1985, dont la moitié avait moins de 11 ans.
Condamné à la prison à vie il y a 40 ans, il s’est enfui mardi soir de la maison de transition où il résidait. Il a été retrouvé mercredi à Montréal, après une cavale de 16 heures.
La nouvelle a eu l’effet d’un choc pour ses victimes.
Même si Véronique Rocheleau habite maintenant loin de Montréal, une pensée intrusive a surgi dans son esprit : et si son agresseur la retrouvait ?
Véronique Rocheleau avait 8 ans lorsqu'elle a été agressée sexuellement et séquestrée par Gilles Tardif. L'homme a engendré une importante chasse à l'homme, le mardi 5 mai 2026, après s'être échappé de sa maison de transition de Montréal. PHOTO FOURNIE PAR VÉRONIQUE ROCHELEAU PHOTO FOURNIE PAR VÉRONIQUE ROCHELEAU
« Je sais que ce n’était pas rationnel, c’est mon côté enfant qui est ressorti », a-t-elle lâché.
Abandonnée dans un sous-sol
Gilles Tardif lui a fait vivre l’horreur alors qu’elle n’avait que huit ans. Elle sortait de son école primaire dans le quartier Rosemont, à Montréal, lorsqu’elle a été enlevée, lors d’une journée froide d’hiver.
L’enfant avait été amenée dans un immeuble de la rue Laurier et était restée séquestrée pendant deux jours dans le sous-sol.
« Il m’a laissée là », se souvient-elle.
Pour survivre, elle a bu un liquide jaunâtre dans une cruche retrouvée sur les lieux. Elle ignore de quoi il s’agissait, mais cela l’a aidée.
« Quand j’avais faim, après avoir trop pleuré ou lorsque j’avais mal à la gorge à force de trop crier, je buvais des petites gorgées. J’essayais de me rationner », a expliqué Mme Rocheleau.
Elle avait finalement réussi à s’échapper en découvrant un trou dans un mur, dans un coin plus sombre. Elle avait pu s’introduire dans le sous-sol de l’immeuble voisin et s’enfuir.
Après cet événement, elle est devenue « une autre petite fille », a-t-elle admis.
Tabou
Ce qui n’a pas aidé, c’est qu’à la maison, personne n’abordait ce qu’elle avait vécu.
« C’était trop souffrant, ne pas en parler, c’était comme si ça n’existait pas », a-t-elle dit.
En grandissant, elle maudissait ses courbes féminines. Et encore aujourd’hui, elle n’est pas capable d’être intime avec des hommes plus matures qu’elle.
Plus jeune, elle a aussi été hyperprotectrice avec sa petite sœur, qui avait 14 ans de différence avec elle.
« Je surveillais à qui ma sœur parlait, je ne voulais que jamais on ne lui fasse de mal », a-t-elle expliqué.
Aujourd’hui, elle parle librement de son agression et a beaucoup consulté pour se reconstruire.
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1 week ago
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