Un camion tapissé d’images macabres antiavortement aperçu à Montréal en pleine heure de pointe

1 week ago 4

Un camion publicitaire tapissé d’images « dégoûtantes » et erronées de fœtus avortés par un groupe antiavortement a créé l’indignation sur les réseaux sociaux après qu’il a été aperçu circulant dans les rues de Montréal en pleine heure de pointe.

• À lire aussi : Un meurtrier repenti accuse les femmes qui avortent de tuer leur bébé

• À lire aussi : Deuxième avertissement : une loi sur l’avortement est dangereuse, rappelle le Barreau du Québec

Le « camion de la vérité », comme l’a nommé le Canadian Centre for Bio-Ethical Reforms (CCBR), affiche en gros plan des images erronées de fœtus qui auraient été avortés à 10 et à 15 semaines.

À 10 semaines de gestation, un fœtus mesure 35 millimètres — la tête est disproportionnellement grosse par rapport au reste du corps, tandis qu’il est de 9,5 centimètres à 15 semaines. Les images sur le camion semblent toutefois représenter des fœtus à des stades de développement plus avancés.

« L’objectif du camion, c’est vraiment de choquer, de dégoûter, de faire peur aux gens et de faire une association très négative en lien avec l’avortement. C’est inexcusable que ce genre de camion circule librement », explique Jess Legault, coordonnatrice générale à la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN).

La photo a suscité l’indignation sur les forums Montréal et Québec de Reddit.

« Je suis choqué d’avoir vu ça aujourd’hui. Un gros truck qui brûle du gros gaz pour colporter du AI slop antiavortement », a déploré l’utilisateur Reddit derrière la publication. Il a ajouté avoir aperçu le camion au coin des rues Sherbrooke et d’Iberville, mardi.

« Les images sont assez troublantes. Personne ne veut voir ça en pleine rue. Ça devrait être interdit », « Ce truck-là devrait même pas avoir le droit de circuler avec ce genre d’image », « Faire de la désinformation en modifiant des images pour attirer des supporters à leur cause... Ça m’écœure » : l’écrasante majorité des commentaires sous la publication dénoncent la présence du camion à Montréal.

La FQPN a fait parvenir une lettre à la mairesse Soraya Martinez Ferrada en juin dernier pour lui demander d’agir contre ce genre d’initiatives, mais n’a reçu aucune réponse jusqu’à maintenant, révèle Jess Legault.

Une tentative de briser le consensus pro-choix

Sur son site web, le CCBR avoue faire circuler son camion publicitaire aux heures de pointe afin de « confronter » le plus de personnes possible à ces images.

Il sillonne les rues de Montréal et d’Ottawa depuis 2023, mais ses sorties sont devenues plus fréquentes dans les deux dernières années, indique Blayse Alleyne, directeur des initiatives stratégiques dans l’Est du Canada au CCBR.

Fondé en 2001, le groupe a des bureaux à Mississauga, en Ontario, et à Calgary, en Alberta. Il mène aussi des « initiatives » à Vancouver, en Colombie-Britannique, dans plusieurs villes du Manitoba, à Ottawa, Cornwall et Kingston, en Ontario, et Montréal.

Il collabore également avec plusieurs organismes antiavortement à travers le pays, dont Montréal contre l’avortement.

Il ne s’agit qu’une des stratégies du groupe pour faire passer son message antiavortement.

Cette multiplication des actions est la preuve que le consensus pro-choix au Québec est solide, avance Jess Legault.

« Ils voient une faiblesse dans leur mouvement au Québec, donc ils investissent depuis plusieurs années pour briser le consensus pro-choix. »

Or, pour Vé Mikaelian, de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), les initiatives plus nombreuses témoignent aussi de la montée en popularité des discours masculinistes en ligne.

« Il y a tout un stratagème de l’extrême droite dans lequel vont s’insérer les idéologies anti-choix. Il faut tout de même s’en inquiéter. Je pense qu’on ne peut pas s’asseoir sur nos lauriers à aucun moment. Aucun de nos droits ne sont acquis », lance la coordonnatrice à la vie associative.

Le plus récent État des lieux du mouvement contre l’avortement au Québec, publié en décembre 2025, tend à lui donner raison.

Les chercheuses Véronique Pronovost et Ophélie Lacroix décrivent le mouvement antiavortement comme étant « structuré, capable d’adaptation et présent dans une pluralité de milieux, loin de l’image marginale qu’on lui attribue souvent ».

Des images macabres dans les boîtes aux lettres

Dans les dernières semaines, le CCBR a défrayé les manchettes pour avoir distribué des tracts antiavortement dans des boîtes aux lettres à Saskatoon, en Saskatchewan.

Après avoir reçu des plaintes de résidents, la conseillère municipale Bev Dubois a demandé au conseil de ville de restreindre la distribution de dépliants contenant des images de fœtus avortés, rapporte CBC.

Elle souhaite faire adopter un règlement similaire à celui de Calgary, où de tels dépliants doivent être distribués dans des enveloppes opaques flanquées d’un avertissement concernant le contenu.

Montréal contre l’avortement a également distribué des dépliants similaires dans la métropole québécoise en 2022, rapportait alors Pivot.

*** Disclaimer: This Article is auto-aggregated by a Rss Api Program and has not been created or edited by Bdtype.

(Note: This is an unedited and auto-generated story from Syndicated News Rss Api. News.bdtype.com Staff may not have modified or edited the content body.

Please visit the Source Website that deserves the credit and responsibility for creating this content.)

Watch Live | Source Article